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jeudi 14 mars 2024

1780 - Erwartung 6 Lieder Op. 8


Le violon d’Ingres de Schoenberg était la peinture. Classé parmi les expressionnistes, il fait de temps à autres l’objet d’expositions qui suscitent peu d’indifférence, adoration des uns, moquerie des autres « il ne peint que des yeux ». Certes, mais quels yeux ! Fouillant sans grande conviction dans le bac de musique classique - ce n’est pas celui qui se renouvelle le plus rapidement - la pochette de Erwartung 6 Lieder Op. 8 a tout de suite arrêté mes recherches.
C’était il y a un mois et demi environ. J’ai acheté - ou commandé… même si la réception se fait attendre un peu trop, je bous d’impatience - tellement de disques depuis, que celui-ci me semble déjà un vieil ajout à ma collection… mais le soir, avant d’aller se coucher, ça fait un sacré effet.

Erwartung 6 Lieder Op. 8
A. Schoenberg - A. Silja / Orchestre Philharmonique de Vienne / C. von Dohnànyi
Decca ????

A - Erwartung Op. 17
B1 - Natur
B2 - Das Wappenschild
B3 - Sehnsucht
B4 - Nie Ward Ich, Herrin, Müd
B5 - Voll Jener Süsse
B6 - Wenn Vöglein Klagen

samedi 12 décembre 2020

0592 - Pierrot Lunaire / Lied der Waldtaube / Erwartung


Sprechgesang, vous avez dit Sprechgesang ? Ou l'art d'enchaîner les billets sur des disques qui n'ont pourtant rien à voir entre eux... c'est du boulot (d’anticipation notamment) de telles transitions... vous vous rendez pas compte.

Le Sprechgesang, une façon de mélanger la récitation (Sprech) et le chant (Gesang) propres à certaines œuvres de la seconde école viennoise et à leurs héritiers. Un demi-chant particulièrement articulé ou une récitation particulièrement outrée - selon les points de vue. Pierrot Lunaire, œuvre phare, chef d’œuvre, monument totem d’Arnold Schoenberg est l’exemple le plus représentatif du Sprechgesang.

Je ne saurai jamais si j’aime vraiment Pierrot Lunaire. J’avais en effet décidé que j’aimerais Pierrot Lunaire avant même d’en avoir entendu une seule note, une seule syllabe. Je ne me souviens plus d’où j’avais entendu parler de l’œuvre avant de l’écouter mais la description tenait de la formule magique. Envoûtement.
À quel point cet a priori positif a pu jouer dans mon amour de Pierrot Lunaire, je ne peux le dire. L’aurais-je aimé si on me l’avait fait écouté sans préambule, sans préliminaires, je ne sais. Arrangements étranges (flûte, piano, clarinette, violon et violoncelle, voilà un accompagnement bien inhabituel) pour une partition qui l’est encore plus (on cherchera en vain un bout de thème ou de mélodie) autour d’un texte franchement pas terrible (Der Wein den man mit Augen trinkt giesst nachts der Mond in Wogen nieder soit grosso modo : Le vin que l’on boit avec les yeux coule de la lune par vagues la nuit - poésie aux métaphores bien trop forcées pour être honnêtes) : tout était fait pour déplaire. Pour me déplaire. Et pourtant elle tourne ça fonctionne... admirablement.

Bon, après, il faut bien l’avouer, je n’écoute pas Pierrot Lunaire tous les jours. Déjà parce que ce n’est pas le genre d’œuvres qu’on sifflote en allant ou en rentrant du boulot (éh oh éh oh)... et aussi parce que Natacha n’a pas bénéficié d’un a priori aussi positif... j’ai senti une petite souffrance de sa part les rares fois où je lui ai passé le disque... je lui épargne certaines choses.

Pierrot Lunaire / Lied der Waldtaube / Erwartung
Arnold Schoenberg - Pierre Boulez
Sony Classical 1978/82 - 1993

01-08 - Erwartung, op. 17
09-29 - Pierrot Lunaire, op. 21
30 - Lied der Waldtaube

vendredi 1 juillet 2022

1158 - Tuesday Afternoon


Je ne saurai jamais si j’aime la musique de Schoenberg ou non. Trop d'a priori positifs. Trop envie de l’aimer, sa musique. Mon écoute en est biaisée. Mon intérêt suspect. J’ai aimé mon disque de ses Œuvres pour Piano par MoPo (oui, c’est un surnom, une marque d’affection que je viens de lui improviser) dès que je l’ai acheté d’occasion pour trois francs six sous chez Gibert le même jour que. Je peux simplement dire que je n’ai pas été déçu - étais-je en condition de l’être ? J’ai l’impression (justifiée) de me répéter…

Pas certain que l’on parle de Tuesday Afternoon des Moody Blues demain et que l’on poursuive cette étrange série (commencée il y a peu) de billets consacrés au disque de la veille… c’était une idée qui valait le coup d’être essayée, non ?

Tuesday Afternoon
The Moody Blues
Deram 1971

A - Forever Afternoon « Tuesday Afternoon »
B - Another Morning


jeudi 30 juin 2022

1157 - Schönberg : das Klavierwerk


Il y a un trait sur le verso de ma pochette de Carnage. Un trait violet. Deux centimètres de long. Peut-être trois. Fin. Très fin. Assez net. Même si un frottement (un doigt ? un tissu ?) a installé comme un vague halo autour de ce trait. Un trait d’encre. Encre violette sur le fond blanc cassé de la pochette.
Je ne sais pas depuis quand ce trait défigure l’arrière de la pochette de mon exemplaire de Carnage. Je me demande même si je ne l’avais pas déjà remarquée auparavant, cette trace violette. Comment expliquer autrement que j’ai gardé un cellophane protecteur autour du carton de la pochette ? N’était-ce pas pour éviter des dégradations supplémentaires ? Un acte désespéré de préservation, sauver ce qui pouvait l’être encore ? Et si je m’en étais déjà rendu compte, de cette atteinte à l’immaculée de la pochette, comment et pourquoi l’ai-je oubliée ? Pourquoi cette impression de la découvrir hier, cette souillure, juste avant de mettre le disque dans la platine ?
C’est que j’en souffre. Elle me brise le coeur, cette marque. Parce que j’aime tous mes disques, que je veux les garder purs et innocents et beaux. Même ceux que j’aime le moins, je ne veux pas les abîmer. Et Carnage ne fait pas partie des disque que j’aime le moins, non. Et Carnage, de plus, j’avais eu du mal à le trouver. En magasin, à Versailles, il a fallu attendre plusieurs semaines après sa publication pour le trouver en rayon. Impatient, je m’étais résigné à le commander chez Gibert (sur le site internet) pour qu’ils me le livrent en magasin. Un peu comme pour le nouveau Kula Shaker, sorti depuis bientôt une semaine et que personne ne semble en mesure de me livrer en France… mais Kula Shaker n’a pas l’aura de Nick Cave…
Ce qui me rend le plus malheureux, c’est que ce trait d’encre violette, c’est moi, c’est forcément moi qui l’ai infligé à mon Carnage. Je reconnais la couleur de mes cartouches Waterman Violet Tendresse (je n’en ai plus, j’en cherche). Je reconnais presque mon stylo, ma plume tenue à l’envers (pour écrire très fin, très petit, je présente parfois la face supérieure de la plume à la feuille) dans ce trait. Je devine les circonstances : une soirée dans le canapé, à gribouiller des conneries (exemple) sur un bloc d’A4 petits carreaux, quelques disques qui traînent, on ne sait pourquoi, sur l’accoudoir. Maladresse geste de dépit trop large acte manqué. Je pourrais presque dater l’accident l’attentat si je m’en donnais la peine - mais j’ai la flemme.

Ça m’a gêné toute l’écoute de l’album durant, impossible de me concentrer, de rentrer dedans, je pensais à ce trait. Du moins, c’est l’impression que j’ai eu. Cependant, l’album est plus puissant qu’une petite déconcentration. En me promenant avec Natacha, hier soir, autour (et non dans puisqu’il était fermé) du Domaine de Mme Élisabeth, plusieurs chansons me tournaient en tête. Étrangement, Hand of God dans ma tête sonne exactement comme End of God - c’eut été un titre plus nietzschéen.

Avant de partir pour la bibliothèque, hier, j’avais écouté L’Oeuvre pour Piano de Schoenberg par Maurizio Pollini.

Schönberg : das Klavierwerk
Arnold Schönberg - Maurizio Pollini
Deutsche Grammophon 1975 / 1988 / ????

01-03 - Three Piano Pieces, op. 11
04-09 - Six Little Piano Pieces, op. 19
10-14 - Five Piano Pieces, op. 23
15-21 - Suite for Piano, op. 25
22 - Piano Piece, op. 33a
23 - Piano Piece, op. 33b


lundi 29 septembre 2025

2344 - Missa Glagolitica / Tagebuch eines Verschollenen


Il manquait un lien d’une langue vers un disque dans le billet d’hier. Rien n’était relié au slavon. Je n’avais pas encore écrit le billet sur le disque Missa Glagolitica / Tagebuch eines Verschollenen, compilation en CD de deux microsillons n’ayant que peu de rapport entre eux si ce n’est le compositeur des deux oeuvres réunies : Leoš Janáček.
J’ai été moi-même étonné de ne pas avoir encore écrit ce billet. Car si je l’ai inexplicablement négligé ces dernières années, c’est un disque qui m’a absolument passionné il y a quinze ans. Je me revois allongé dans le lit, boulevard Henri IV, alternant au casque (c’était un lecteur de CD portable, un discman, celui de Natacha je crois) le Pierrot Lunaire de Schoenberg - on ne se demande pas pourquoi le discman ne fonctionne plus - et Le Journal d’un Disparu qui me transportait plus encore que cette étrange messe glagolitique qui ne ressemble pas vraiment à un office mais, alors que je la réécoute pour la première fois depuis peut-être dix ans (ce blog a au moins un mérite : celui de me faire réécouter des disques oubliés (parfois) à tort), propose des passages véritablement étonnants, hardis.
Je ne sais plus ni quand ni où j’ai acheté ce disque. Si c’était au retour de mon voyage à Prague. Ou si ça n’avait rien à voir. Si c’était après ou avant l’acquisition des Œuvres pour Piano et la lecture des Testaments Trahis de Kundera. Si c’était à la FNAC, Virgin ou Gibert. Ce n’est pas dans mes habitudes de ne pas me rappeler ce genre de détails.

Missa Glagolitica / Tagebuch eines Verschollenen
Leoš Janáček
Deutsche Grammophon ????

01-08 - Mša Glagolskaja
09-30 - Tagebuch eines Verschollenen

mercredi 31 janvier 2024

1737 - Symphonie N° 9


Je m’aperçois qu’un nombre non négligeable de mes disques de musique classique ont été achetés immédiatement (ou peu) après avoir entendu l’œuvre en concert. C’est le cas - entre autres - des ballets de Stravinsky ou des concerti pour violon de Shostakovich… et d’un enregistrement de la Symphonie N°9 de Beethoven dirigée par Harnoncourt. Nous avions, Natacha et moi, assisté à une interprétation gratuite, en plein air, sur le parvis de l’Hôtel de Ville (celui de Paris, hein) de l’ultime symphonie de ce bon vieux Ludwig van.

Symphonie N° 9
L. van Beethoven / N. Harnoncourt / The Chamber Orchestra of Europe / Arnold Schoenberg Chor
TELDEC 1992

01 - Allegro
02 - Molto Vivace
03 - Adagio
04 - Presto