mercredi 31 juillet 2019

0092 - Ella Fitzgerald chante les succès de : Duke Ellington


Un mot sur la pochette m'a fait acheter ce e.p. chez Décibul : Caravan. Un autre standard du jazz qui m'obsède, partiellement composé par Duke Ellington. Brad Melhdau et John Coltrane m'avait mis sur la voie, c'est un film qui m'a définitivement converti au jazz : Whiplash. Ceux qui, comme moi, l'ont vu en tant qu'amateurs non éclairés (les batteurs sont évidemment plus critiques) n'ont certainement pas oublié la dernière scène où Caravan est joué.

J'écoute peu de jazz vocal. Presque jamais. Je n'ai qu'une réédition vinyle d'un album de Nina Simone. Je n'étais donc pas particulièrement attiré par ce 45 tours d'Ella Fitzgerald... (dès que je prononce, dès que j'écris ce nom, j'ai la "chanson" de France Gall qui me vient en tête... qu'ai-je fait de mal ? pitié... je ferai mieux mais arrêtez ça). Mais Caravan, ça change tout... surtout que je ne savais pas que des paroles avaient été écrites sur cette mélodie.
La voix chaude d'Ella met extrêmement bien en valeur la mélodie du morceau pendant que la basse sautille et que les cuivres annoncent un triomphe... j'ai en revanche plus de doutes sur le solo de clarinette... Au contraire, Solitude, qui précède Caravan sur la face a est typiquement le genre de morceaux qui me laissent pantois. Une chanson qui me paraît bien vaine, sans relief.
Si les deux chansons de la face a étaient des reprises de morceaux de Duke Ellington, la face b est composée pour Ella par Sir Duke et pour laquelle le second convoque son big band. C'est un blues qui, dans l'introduction, sonne comme du bon vieux rock'n'roll (non, ce n'est pas du William Sheller, je le garde pour plus tard...) et qui se poursuit par un scat d'Ella Fitzgerald auquel répondent les trompettes... et puis c'est tout...
Heureusement, il y avait Caravan... je vais me réécouter la version de Whiplash...

Ella Fitzgerald chante les succès de : Duke Ellington
Ella Fitzgerald & Duke Elligton
Verve / Barclay 1960

A1 - Solitude
A2 - Caravan
B - The E. and D. Blues

mardi 30 juillet 2019

0091 - Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band


Euh... non, on ne va pas parler de l'album qui a changé la face de la pop, du rock, de la musique populaire... mais d'un 45 tours.

Le 3 juillet, lors de mon (presque) premier jour des vacances, je me suis fait un petit plaisir, une minuscule razzia chez Décibul, magasin de disques (vinyles) et de BD d'occasion sis rue de la Pourvoirie à Versailles. Dix 45 tours (7'') pour 20 euros. Les pochettes ne sont pas toutes en excellent état (certaines sont même manquantes) mais les disques ne présentent pas de dommage si ce n'est les craquements habituels...

Le moins intéressant parmi les dix disques achetés ce 3 juillet est ce 45 tours de Sgt Pepper's Lonely Hearts Club Band, pressage français, réédition de 1978. La pochette est identique à celle de l'album. La chanson-titre est accompagnée de Within You, Without You (également présente sur l'album ; pas la meilleure composition d'Harrison pour les Beatles...) en face b.

Juste de quoi satisfaire mon côté purement collectionneur...

Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band
The Beatles
Pathé Marconi - EMI 1967 / 1978

A - Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band
B - Within You, Without You

lundi 29 juillet 2019

0090 - La Superbe


Je commande beaucoup de disques sur Internet même si je déteste ça. L'achat d'un disque devrait faire partie de tout un rituel dont le passage chez le disquaire serait l'apothéose. J'aimerais acheter tous mes disques chez Gibert chez Décibul ou chez Crocodisc ou à de plus petits disquaires encore. Malheureusement, les prix sur le net sont souvent imbattables et tout s'y trouve bien plus facilement...

Il existe cependant un endroit pire encore qu'Internet pour faire ses emplettes musicales (ou littéraires)... les fameux Espace Culturel Leclerc. Je déteste les hypermarchés, Leclerc plus que tous les autres... Et leurs Espace Culturel est ce qu'il y a de plus haïssable chez Leclerc...

je me calme... grande respiration...

C'est à l'Espace Culturel Leclerc de Limoges (de sa banlieue, je ne me rappelle pas le nom de la commune) que j'ai acheté La Superbe de Benjamin Biolay, faute de l'avoir trouvé ailleurs à un prix raisonnable, Internet y compris... triste compromission de ma part.


Benjamin Biolay est un Lyonnais supporter revendiqué de l'OL de Jean-Michel Palpatine Aulas, il a une tête à claques, il semble arrogant, suffisant et content de lui-même, le premier single de La Superbe, Padam, est à mon avis assez faible et le packaging de l'album est laid. J'avais donc a priori toutes les raisons de détester cet album. Toutes les raisons de ne même pas l'écouter, de ne pas y jeter une oreille.
Sauf qu'un jour, sur YouTube (encore...), je l'ai écouté sur les conseils d'un forumeur (? forumiste ?) du site csoasis.net (aujourd'hui hors ligne). Et que c'est excellent.
J'ai écouté en boucle le premier disque. Un album qui se résumerait à ce premier disque serait déjà énorme. Rock, pop, chanson française, électro, Biolay fait tout sonner avec une facilité déconcertante. La Superbe est une entrée en matière imparable. Le texte est un peu abscons, on se demande si le type raconte vraiment quelque chose (On reste Dieu merci à la merci d'un conifère) mais ça fonctionne... La balade suicidaire 15 août enchaîne avec brio. On passe sur Padam comme on passera sur la Toxicomanie (trop influencée par Gainsbourg). Plus loin vient l'enchaînement Ton Héritage (qui vous fera oublier toutes les chansons écrites par un père à son enfant) / Si tu suis mon regard / Night Shop qui touche à la perfection. Le premier disque se conclut sur un duo, Brandt Rhapsodie, récit dialogué (à travers des conversations téléphoniques) d'une histoire d'amour depuis ses prémices jusqu'à la séparation. Un exercice totalement casse-gueule qui pourtant marche excellemment bien...
Et là, le plus fort, c'est qu'il y a un deuxième disque. Presqu'aussi bon. Avec son single évident Lyon Presqu'île, ces morceaux en forme d'autoflagellation Tout ça me tourmente, Jaloux de tout... mais aussi ces ratés : l'informe Buenos Aires. L'album s'achève sur 15 septembre, écho et réponse à 15 août... l'album lui-même est une histoire, celui d'une séparation (en l'occurrence, séparation d'avec Chiara Mastroianni).
S'achève ? Non, il reste une dernier morceau, non listé au dos de la couverture, Les Grands Ensembles. Pour parachever le triomphe...

La Superbe
Benjamin Biolay
Naïve 2011

CD1
01 - La Superbe
02 - 15 août
03 - Padam
04 - Miss Catastrophe
05 - Ton Héritage
06 - Si tu suis mon Regard
07 - Night Shop
08 - Tu es mon Amour
09 - Sans Viser Personne
10 - La Toxicomanie
11 - Brandt Rhapsodie

CD2
01 - L'Espoir fait Vivre
02 - Prenons le Large
03 - Tout ça me Tourmente
04 - Assez Parlé de Moi
05 - Buenos Aires
06 - Raté
07 - Lyon Presqu'île
08 - Mélancolique
09 - Reviens mon Amour
10 - Jaloux de Tout
11 - 15 Septembre

DVD - Live au Casino de Paris les 7 et 8 mai 2010
01 - Pour Écrire un seul Vers
02 - Tout ça me Tourmente
03 - Même si tu Pars
04 - Si tu suis mon Regard
05 - Night Shop
06 - Lyon Presqu'île
07 - Chère Inconnue
08 - Prenons le Large
09 - Ton Héritage
10 - Nuits Blanches
11 - Bien Avant
12 - La Superbe
13 - L'Espoir fait Vivre
14 - 15 Septembre
15 - À l'Origine
16 - Négatif
17 - Les Cerfs-Volants
18 - Padam

dimanche 28 juillet 2019

0089 - Hits of The Beach Boys


Surf-music again.

Voyage retour des Sables à Limoges. Pas celui d'aujourd'hui : une fois précédente. En voiture. Nous n'avons pas été assez prévoyant, nous n'avons pas emporté de CD ou pas assez, nous ne captons aucune radio écoutable, nous sommes en panne sèche musicale...
La panne sèche (d'essence) menace également. Une station-service va nous sauver. Ce n'est malheureusement pas l'endroit rêvé pour faire le plein de disques potables. NRJ Hits vol. 714 pour Sidney, best-of de Whitney Houston, album de Mika ou de Kendji (quoique non, lui, il n'existait pas encore...) ou M. Pokora... Nous n'achetons que ce Hits of The Beach Boys.

Il nous reste trois heures de route. Le disque dure (à quelques secondes près) 25 minutes... Sachant qu'après deux lectures complètes de l'album, nous zappons systématiquement 3 ou 4 morceaux (dont Barbara Ann ultra-connue mais également ultra-chiante), combien d'écoutes des excellentes California Girls, Wouldn't it be Nice et des très ChuckBerrysantes Fun Fun Fun et Surfin' USA cela représente-t-il ?

De quoi se marrer, s'éclater, à chanter à tue-tête. De quoi également ne plus être capable d'écouter les garçons de la plage pendant des semaines... ce n'est pas bien grave : il y aura d'autres étés pour en profiter...

Hits of The Beach Boys
The Beach Boys
EMI 2002

01 - Fun Fun Fun
02 - California Girls
03 - Good Vibrations
04 - I Get Around
05 - Help Me Rhonda
06 - Wouldn't it be Nice
07 - Barbara Ann
08 - Surfer Girl
09 - Surfin' USA
10 - Be True to Your School

samedi 27 juillet 2019

0088 - Wise Up Ghost


La voix d'Elvis Costello m'est aussi familière que celles de John Lennon, Paul McCartney, David Bowie ou Chrissie Hynde. Aussi loin que je me souvienne, j'ai entendu des chansons, des albums des Beatles, de David Bowie, des Pretenders et, donc, puisqu'il va en être question ici, d'Elvis Costello. C'est ce qu'écoutait maman quand j'étais gamin - je l'ai depuis un peu aidé à se diversifier, elle a ajouté les Smiths à sa playlist...

J'ai entendu parler de l'album Wise Up Ghost and Other Songs au moment de sa sortie, par un article sur le site du New Musical Express. J'avais écouté par simple curiosité le premier single, Walk Us Uptown, me demandant ce que pouvait donner l'association de ce has-been (n'ayons pas peur des mots) avec le groupe de hip hop qui cachetonne tous les soirs dans un late show américain... c'était excellent. L'univers de l'un - de la punk-pop intello pour caricaturer - se mêlant parfaitement aux sonorités urbaines (c'est ainsi que l'on dit aujourd'hui pour désigner hip-hop, rap, r'n'b, musiques urbaines... comme s'il y avait de la musique rurale...) des autres donne un résultat qui contentera les amateurs de rock et de hip hop sans donner l'impression de bouffer à tous les râteliers...

J'ai emprunté l'album un ou deux ans après, à la médiathèque de Versailles. Je m'aperçois alors qu'il est publié chez Blue Note, ce qui n'est pas loin d'être la classe ultime... Néanmoins, je déchante un peu, la formule magique de Walk Us Uptown n'est pas totalement reproduite sur les autres titres. Pour reprendre une expression chère aux commentateurs de foot sur Canal Plus, ça ronronne un peu... C'est très agréable, on passe un très bon moment mais il n'en ressort pas grand chose. Dommage pour un musicien issu du punk d'avoir oublié l'urgence...

J'ai tout de même acheté l'album, un an ou deux ans après encore. Walk Us Uptown est vraiment excellente... et le format single n'existe pas...

Wise Up Ghost and Other Songs
Elvis Costello and The Roots
Blue Note 2013

01 - Walk Us Uptown
02 - Sugar Won't Work
03 - Refuse to be Saved
04 - Wake me Up
05 - Tripwire
06 - Stick Out your Tongue
07 - Come the Meantimes
08 - (She might be a) Grenade
09 - Cinco Minutos con Vos
10 - Viceroy's Row
11 - Wise Up Ghost
12 - If I Could Believe

vendredi 26 juillet 2019

0087 - This is my truth, Tell me yours


Adolescent, je n'ai pas toujours été sympa avec mon frère. C'est un euphémisme. C'était facile de jouer au petit chef avec mes cinq ans de plus. Il y a eu de nombreuses bagarres... dont je sortais évidemment toujours vainqueur. J'en suis désolé...

Il y a aussi les bagarres qui ont failli avoir lieu...
En 99, j'emprunte déjà à la médiathèque (bibliothèque centrale de Strasbourg et bibliothèque de la Robertsau) plus vite que je ne peux acheter... et les achats en attente s'accumulent.
Parmi mes prochains achats This is my Truth, Tell me Yours des gallois Manic Street Preachers. Arrangements abrupts, textes engagés très à gauche (surtout pour des Britanniques), souci constant de la mélodie, singles efficaces, léger problème d'allure (les membres du trio ne ressemblent vraiment à rien)... les Manics se présentent eux-mêmes comme des héritiers du Clash.
Et voilà que mon petit frère, qui, sans vraiment le montrer, tend l'oreille à ce que j'écoute, me coupe l'herbe sous le pied et achète en premier l'album... je n'allais pas l'acheter à mon tour, c'eut été ridicule d'avoir deux fois le même disque à la maison... du coup, je n'ai pas pu acheter l'album... oui, je lui en ai voulu... l'impression qu'il me l'avait volé, ce disque... j'ai failli lui en coller une...

J'ai fini par l'acheter album, vers 2004-2005... je n'habitais plus chez mes parents...

This is my Truth, Tell me Yours
The Manic Street Preachers
Epic 1998

01 - The Everlasting
02 - If you Tolerate this your Children will be Next
03 - You Stole the Sun from my Heart
04 - Ready for Drowning
05 - Tsunami
06 - My Little Empire
07 - I'm Not Working
08 - You're Tender and You're Tired
09 - Born a Girl
10 - Be Natural
11 - Black Dog on my Shoulder
12 - Nobody Loved You
13 - S.Y.M.M.

jeudi 25 juillet 2019

0086 - Homogenic


Je ne connais étrangement personne qui aime Björk. La plupart des gens que je connais savent à peine de qui il s'agit ou y sont indifférents. Parmi les autres, un ami la déteste depuis qu'il a vu Dancer in the Dark (pour ma part, je ne l'ai pas vu), film qu'il compare à une torture voire à un viol cinématographique. Quant à Natacha, il n'y a pas un ou une musicienne qu'elle déteste plus. Les Stereophonics et Blur, qu'elle méprise totalement, sont des délices à ses oreilles comparés à Björk. Björk est même la principale raison de ses réticences à aller visiter l'Islande, pays qui, sur photographie ou dans les documentaires, semble pourtant magnifique.

Alors oui, la fille n'a pas l'air très équilibrée, ses chansons sont un bric-à-brac électro-pop pas toujours très digeste sur lesquelles elle chante / crie façon Castafiore scandinave et l'imagerie qu'elle développe autour de sa musique pourrait effrayer les plus gros fans de rock progressif qui en ont pourtant vus d'autres...
Cependant, quand Björk touche juste, elle ne le fait pas à moitié. Les meilleurs morceaux de l'album Homogenic (Hunter, Jóga et Bachelorette) sont de véritables perles où les effets sonores servent la chanson, lui créent une atmosphère inquiétante dans laquelle la voix unique, à la fois puissante et fragile, de Björk se faufile pour exprimer des émotions qu'elle semble inventer et être seule à ressentir. Certes, le reste de l'album est un peu à la traîne, voire un peu fatigant, mais trois excellentes chansons, n'est-ce déjà pas énorme ?

J'ai acheté ce disque il y a une quinzaine d'années, avant d'être avec Natacha. Je ne me risquerai pas à en essayer (encore moins en acheter) d'autres... je tiens à mon couple...

P.S. : Je n'aime pas parler clip (les clips sont d'ailleurs la plaie de la musique populaire et n'ont rien à faire sur ce blog consacré à mes disques) mais celui de Bachelorette (réalisé par l'excellent Michel Gondry à qui on doit l'un de mes films préférés Eternal Sunshine of the Spotless Mind) est probablement mon clip préféré de tous les temps...

Homogenic
Björk
One Little Indian 1997

01 - Hunter
02 - Jóga
03 - Unravel
04 - Bachelorette
05 - All Neon Like
06 - 5 Years
07 - Immature
08 - Alarm Call
09 - Pluto
10 - All is Full of Love

mercredi 24 juillet 2019

0085 - OK Computer



Je n'ai jamais jeté un disque. Mis à la poubelle, aux ordures, je veux dire. Jamais, ce n'est pas tout à fait exact... C'est arrivé une fois. Une unique fois. C'était mon premier exemplaire d'OK Computer. Un autre disque acheté d'occase, chez l'Oncle Tom. Je l'ai écouté des centaines de fois. Sur la hi-fi de mes parents, sur mon radio-CD-K7, sur mon disc-man, sur ma propre hi-fi plus tard. Des camarades de classe, au lycée, m'avaient surnommé Radiohead... Je l'ai emmené, baladé partout, transporté dans son boîtier, dans des housses de transport... jusqu'à ce que la moitié des pistes ne soient plus lisibles, sautent, affichent des bruits parasites. J'ai alors acheté un exemplaire neuf et jeté l'ancien... j'ai tout de même gardé le livret qui restait en excellent état.

Pourtant, la première fois que j'ai écouté OK Computer, j'ai trouvé - et je pense que je suis très loin d'être le seul - que c'était de la grosse merde nul, inécoutable, atroce, de la torture sonore... OK Computer est un album qui se mérite, un album qui n'a rien d'immédiat. Il faut le conquérir morceau par morceau en commençant par les plus évidents, la sublime ballade Exit Music (for a film), le chef d'œuvre Lucky puis plonger plus loin, plus profond, se frotter au trip-hop de Climbing Up the Walls, aux visions morbides d'Airbag, au venin doux-amer de No Surprises et, pour finir, apprivoiser les brisures, les changements de ton de Paranoid Android.

Une fois dompté, c'est un disque qui ne vous quitte plus... jusqu'à devenir inécoutable - la faute à l'usure.

OK Computer
Radiohead
Parlophone 1997

01 - Airbag
02 - Paranoid Android
03 - Subterranean Homesick Alien
04 - Exit Music (For a Film)
05 - Let Down
06 - Karma Police
07 - Fitter Happier
08 - Electioneering
09 - Climbing up the Walls
10 - No Surprises
11 - Lucky
12 - The Tourist

mardi 23 juillet 2019

0084 - The Great Escape


Je n'achète presque plus de CD d'occasion. En tout cas, en ce qui concerne les albums (pour les "vieux" singles ou les disques de collection, je n'ai pas le choix...) Il y a bien sûr des exceptions mais j'évite. Les albums sont faciles à trouver neufs, la plupart à un prix raisonnable, pourquoi acheter de l'ancien ?
Ça n'a pas été toujours le cas... Mon premier album de Blur, The Great Escape, je l'ai eu en échange de l'album Happy Nation d'Ace of Base (et sûrement de quelques dizaines de francs pour compléter) à l'Occase de l'Oncle Tom (situé à l'époque rue des Frères à Strasbourg).

Il faut l'avouer, The Great Escape a pris en presque 25 ans un méchant coup de vieux. Si Country House a toujours été une chanson et un single de merde, Stereotypes, autre single, a grandement perdu de son efficacité en un quart de siècle. Best Days semble encore plus gnangnan qu'à l'époque. Surtout, c'est un album qui n'en finit pas. Seize chansons, c'est beaucoup trop quand on a rien à dire (comme c'est le cas de la plupart des groupes de pop / rock passé le premier album, ce n'est pas une critique de ma part). Des morceaux comme Mr. Robinson's Quango, Ernold Same ou Dan Abnormal sont tout simplement totalement ridicules aujourd'hui.

Rien à sauver (pas le livret en tout cas, laid de A à Z... et un peu usé - ce n'est pas entièrement de ma faute, j'ai acheté le disque d'occasion) sur cet album phare de la britpop ? Je n'irai pas jusque là, Charmless Man conserve un charme indémodable et je garde une tendresse particulière pour He Thought of Cars... Quand à ceux qui tiendront jusqu'à la fin, ils auront le plaisir de retrouver la classe inaltérable de Françoise Hardy sur le dernier morceau... ça ne fait tout de même pas énorme...
Blur l'avait d'ailleurs bien compris en s'éloignant dès l'album suivant du format pop et en montrant un peu plus d'ambition que de faire du sous-Kinks... mais c'est une autre histoire...

The Great Escape
Blur
Parlophone 1995

01 - Stereotypes
02 - Country House
03 - Best Days
04 - Charmless Man
05 - Fade Away
06 - Top Man
07 - The Universal
08 - Mr. Robinsons' Quango
09 - He Thought Of Cars
10 - It Could Be You
11 - Ernold Same
12 - Globe Alone
13 - Dan Abnormal
14 - Entertain Me
15 - Yuko and Hiro
16 - To the End (La Comédie) (with Françoise Hardy)

lundi 22 juillet 2019

0083 - Mr. Writer


Natacha et moi sommes actuellement en vacances. C'est donc tout naturellement que j'ai décidé d'accorder un peu de repos à ma principale lectrice, ma chère et tendre épouse. Pour cela, un article sur lequel elle fera sûrement l'impasse...

Natacha, en effet, déteste, hait, abhorre, méprise, exècre les Stereophonics. En particulier le chanteur, Kelly Jones, dont elle accuse la voix rocailleuse d'être forcée...
Et sur Mr. Writer, premier single extrait du troisième album des Gallois Just Enough Education to Perform (J.E.E.P. en abrégé - sans commentaire), je ne peux vraiment lui donner tort. La chanson est poussive, le refrain décolle aussi bien qu'un B52 surchargé, la voix de Kelly Jones racle le gravier (expression qui n'existe pas) autant qu'elle peut, le sujet est cliché (méchant journaliste, pourquoi tu mens sur moi ?)... bref, rien à sauver... et l'album est du même acabit.

Pour ce qui est des faces b... plus aucune idée... et je n'ai pas envie de vérifier s'il y a quelque chose à sauver, j'ai (forcément) bien mieux à écouter présentement...

Des Stereophonics, j'ai acheté tout ce qui est sorti entre 1997 et 2000, albums, singles, DVD... Ce Mr. Writer est le dernier single du groupe que j'ai acheté et l'album J.E.E.P. en est le dernier disque...

Mr. Writer
Stereophonics
V2 Music 2001

01 - Mr. Writer (edit)
02 - Maritim Belle Vue in Kiel
03 - An Audience with Mr. Nice
04 - Mr. Writer (live acoustic version)
05 - Don't Let Me Down (live acoustic version)

dimanche 21 juillet 2019

0082 - To Bring You My Love


Vers 2005-2006, j'ai essayé d'écrire des chansons. Seul dans ma chambre d'étudiant, armé de ma guitare, de cinq accords, d'un stylo, d'une feuille et de mon anglais approximatif. Je garde à l'abri, caché, (et j'essaye de totalement oublier) le résultat.
Un jour, en explorant le manche de ma guitare, j'ai trouvé un riff. Un bon riff.
Évidemment je me assez suis vite rendu compte que de ce riff, je n'en étais pas l'auteur. Je n'avais fait que le "retrouver" sur ma guitare mais je l'avais déjà entendu. C'était celui de To Bring You My Love, morceau d'ouverture de l'album de PJ Harvey du même nom.

Après avoir ainsi été pour la première fois victime de plagiat par anticipation (cela devait malheureusement se reproduire dans ma "carrière" de "créateur"), j'ai entendu ce riff partout. Dans mes pas qui résonnaient dans les couloirs vides, dans le reste de musique et de conversation qui s'échappait de chez les voisins à travers le mur, dans le tic-tac de ma montre, j'entendais ces six notes égrenées sur les cordes de la et de mi. Tout, absolument sonnait comme ces six notes.

A -----------------------3---5~
E ----3---1---3---5------------

Malheureusement, ça m'est passé...

J'ai découvert PJ Harvey en vrac, d'un coup, en septembre 2003, en fouillant dans l'ordinateur du gars qui me logeait pendant une semaine en arrivant en école (j'avais bien entendu sa bénédiction). J'ai donc écouté pour la première fois Rid of Me, To Bring you my Love et Dry en même temps...

To Bring you my Love montre une Polly Jean (la magie des initiales, Pidjay ça sonne mieux que polidjine... comme JMG sonne mieux que Jean Marie Gustave ou MLM mieux que Maurice Léon Maurice) en totale liberté, façonnant des morceaux aux structures plutôt simples et linéaires sur lesquels elle se livre complètement, dévoilant une personnalité aux multiples facettes, passant d'une émotion à l'autre sans transition, de la colère à la détresse, de la supplication aux envies de combat. Elle crie, elle chuchote, elle force sa voix dans les graves, pousse dans les aigus, elle marmonne, elle explose... une folle furieuse prête à dévorer tout sentiment tiédasse pour le régurgiter et le transformer en passion incandescente...
Quand le lead single d'un album sonne comme Down by the Water, il ne faut de toute façon pas s'attendre à des demi-mesures... on n'en ressort pas indemne...
To Bring You My Love
P J Harvey
Island Records 1995

01 - To Bring You My Love
02 - Meet Ze Monsta
03 - Working For The Man
04 - C'Mon Billy
05 - Teclo
06 - Long Snake Moan
07 - Down by the Water
08 - I Think I'm a Mother
09 - Send his Love to Me
10 - The Dancer

samedi 20 juillet 2019

0081 - Jaws


Le film préféré de Natacha. Celui qu'elle a le plus vu. Celui qu'elle ne peut s'empêcher de regarder si elle tombe dessus par hasard, à la télévision. Celui qu'elle voudrait (re)voir sans arrêt et, notamment, au cinéma. Celui qui l'a traumatisée depuis que son frère le lui a montré lorsqu'elle avait une dizaine d'années. Celui auquel elle ne peut s'empêcher de penser quand elle va se baigner...

On connaît tous le thème principal, chef d'œuvre de suspense et de tension mis en musique, inspiré du Sacre du Printemps de Stravinsky et qui évoque également la Symphonie du Nouveau Monde de Dvořák.
Cette édition de 2000 de la bande originale du film propose dans un très beau digipack 50 minutes de musique extraite du film (dont une partie non publiée en disque jusqu'alors) mais aussi des morceaux non utilisés par Spielberg dans le montage final. En revanche, contrairement à de nombreuses autres B.O., aucune trace de dialogue ici. Pas de That's some bad hat, Harry ou de We're gonna need a bigger boat... c'est un peu dommage : une petite phrase par-ci par-là aurait ajouté un peu d'humour pour contrebalancer le côté un peu emphatique de la partition de John Williams.

En mari aimant et dévoué (je me jette encore des fleurs), je ne pouvais pas ne pas offrir ce disque à Natacha... Fais de bons cauchemars, ma chérie...

Jaws
Music composed and conducted by John Williams
Decca 2000

01 - Main Title and First Victim
02 - The Empty Raft
03 - The Pier Incident
04 - The Shark Cage Fugue
05 - Shark Attack
06 - Ben Gardner's Boat
07 - Montage
08 - Father and Son
09 - Into the Estuary
10 - Out to Sea
11 - Man Against Beast
12 - Quint's Tale
13 - Brody Panics
14 - Barrel Off Starboard
15 - The Great Shark Chase
16 - Three Barrels Under
17 - Between Attacks
18 - The Shark Approaches
19 - Blown to Bits
20 - End Titles

vendredi 19 juillet 2019

0080 - Symphonie n°9 "du Nouveau Monde"


La Symphonie du Nouveau Monde. Mon premier vrai choc en musique classique. J'ai longtemps, pour toute discothèque classique, possédé uniquement des enregistrements de cette neuvième symphonie de Dvořák (parfois numérotée n°5 - je préfère le numéro 9) et du premier concerto pour piano de Tchaïkovski.

La Symphonie du Nouveau Monde est une œuvre idéale pour qui vient du rock et veut s'ouvrir à la grande musique. Les thèmes y sont simples, marquants, faciles à retenir, leur enchaînement limpide. L'orchestration est ample, la composition alterne mouvements lents, méditatifs et instants de bravoure, intenses, violents. Tout ce qu'on pourrait retrouver sur un bon album rock moderne... avec d'autres moyens.

Je possède, disais-je, cinq ou six enregistrements de la Symphonie du Nouveau Monde. Celle-ci, dirigée par Bernstein est ma préférée. C'est celle que j'écoute deux fois sur trois ou trois fois sur quatre. Une impression de plus grande intensité, de plus grande énergie. C'est pourtant celle qui dure le plus longtemps parmi les versions que je possède... Pour être tout à fait honnête, on me passerait mes cinq ou six enregistrements de la symphonie à la suite, je ne suis pas sûr d'arriver à les attribuer correctement à leur interprète respectif...

Symphonie n°9 "du Nouveau Monde"
Antonin Dvořák - Leonard Bernstein - New York Philharmonic
Sony Music 2002

01-04 - Symphonie n°9 en mi mineur, Op. 95 "du Nouveau Monde"
05 - Ouverture "Carnaval"
06-07 - Danses slaves Op. 46 n°1 et n°3

jeudi 18 juillet 2019

0079 - A Girl Like You


Le CD 2 titres A Girl Like You d'Edwyn Collins, retrouvé chez la maman de Natacha. Nous l'avons récupéré - avec son assentiment. Une fiche Star Club (!?) pliée en quatre avec les paroles de la chanson était conservée dans le carton du disque...

A Girl Like You, tube immense de 1994, passait en boucle sur toutes les radios. La batterie n'en finit plus de ses roulements, le riff de guitare ne ressort plus de la tête une fois qu'il y est entré, on a envie de le nananer (de la chanter en nanana) en boucle, le texte est minimaliste mais efficace, la voix est détachée, le chant maniéré juste ce qu'il faut, un vibraphone assure la touche rétro ultra-classe. Un hymne Northern Soul. Imparable. Tout ce que devrait toujours être un single.
La face b en revanche ne me réconciliera pas avec les remixes. Celui-ci est particulièrement raté. Des plages de batteries synthétiques et de claviers dont on se demande si elles ont un rapport avec le titre original (probablement non - mais je ne le connais pas).
En même temps, la face b, on s'en fout, ce qu'on veut c'est nananer le riff de A Girl Like You...

A Girl Like You
Edwyn Collins
Setanta 1994

01 - A Girl Like You
02 - Out of this World (remixé par St Etienne)

mercredi 17 juillet 2019

0078 - Bringing it all Back Home

À York, toujours, dans la même rue que la librairie Oxfam où je travaillais, à deux pas, se tenait un magasin de disques d'occase et de collection. Autant dire que j'y suis allé une petite dizaine de fois, ce qui n'est pas mal en quatre semaines... J'y ai finalement peu acheté mais j'ai beaucoup bavé... notamment sur une première édition de Bringing it all Back Home de Bob Dylan, en mono. Totalement hors budget pour l'étudiant que j'étais, on l'aura compris...

Bringing it all Back Home (que l'on trouve parfois sous le titre de Subterranean Homesick Blues) est mon album préféré de Dylan. C'est l'album de la transition. Si on retrouve sur la face B de fabuleux morceaux folk comme Gates of Eden ou le Mr.Tambourine Man rendu célèbre par The Byrds dans une version transfigurée, la face A montre un Dylan qui s'électrise, à l'image du premier morceau Subterranean Homesick Blues, débité à 100 à l'heure, et qui le revendique : I ain't gonna work in Maggie's Farm no more (je ne travaillerai plus à la ferme de Maggie) chante-t-il sur le deuxième morceau.
Bringing it all Back Home contient surtout ma chanson préféré du Zim : Love Minus Zero / No Limit. People carry roses / and make promises by the hour / my love she laughs like the flowers / Valentines can't buy her. (Les gens apportent des fleurs / et font de grandes promesses / mon amour en rit comme les fleurs / les Saint-Valentins ne peuvent l'acheter).

Dylan fera (peut-être) mieux sur ses deux albums suivants, Highway 61 Revisited et Blonde on Blonde... mais c'est sur cet album qu'il se mettait en danger... sans jamais paraître fragile.

Je me suis consolé (ou pas) de mon non-achat quelques années après, avec cette réédition mono, vinyle 180gr, achetée au Virgin Megastore des Champs...

Bringing it all Back Home
Bob Dylan
Columbia 1965/ 2012 (?)

A1- Subterranean Homesick Blues
A2 - She Belongs to Me
A3 - Maggie's Farm
A4 - Love Minus Zero / No Limit
A5 - Oulaw Blues
A6 - On the Road Again
A7 - Bob Dylan's 115thDream
B1- Mr. Tambourine Man
B2 - Gates of Eden
B3 - It's Alright, Ma (I'm Only Bleeding)
B4 - It's All Over Now, Baby Blue

mardi 16 juillet 2019

0077 - The Beatles

Un des disques achetés à York, chez un petit disquaire indépendant, une boutique proche de la sandwicherie où je m'achetais de quoi déjeuner le midi.

Rappelons d'abord deux trois évidences. Premièrement le White Album, l'album blanc des Beatles ne s'est jamais appelé White Album mais plus sobrement The Beatles. Deuxièmement, il est très difficile voire impossible de créer et publier un album parfait. Créer et publier un double album parfait est donc une illusion. Surtout quand, comme les Beatles à l'époque, on publie plus d'un album par an en moyenne.

Ceci posé, on appréciera ce double album pour ce qu'il est : une tentative du plus grand groupe rock / pop de tous les temps d'explorer tous les territoires qui s'ouvrent à eux à la fois.
Avec ses immenses réussites, le psychédélisme de Dear Prudence, la violence de Helter Skelter, la ballade en forme de déclaration d'amour de Julia... et puis Sexy Sadie... et Long Long Long... et Cry Baby Cry... quand on les liste, il est évident qu'un album simple ne suffisait pas...
Il y a aussi les ratés, à commencer par la ridicule ritournelle Ob-La-Di, Ob-La-Da, la version de Revolution, très inférieure à celle présente en face b du single Hey Jude, la tentative bruitiste inécoutable de Revolution 9 ou encore l'immonde Why Don't we do it on the Road.

C'est certainement l'album le moins maitrisé des Beatles, celui où il y a le plus de laisser-aller... pas le meilleur, donc, mais peut être le plus passionnant à explorer... et j'ai eu le temps de le fouiller, cet album, à York, dans ma chambre d'étudiant aux murs aussi épais qu'une feuille de papier... mon voisin d'alors déteste The Continuing Story of Bungalow Bill pour le reste de son existence...

The Beatles
The Beatles
Apple 1968 - EMI ???

Disc 1
01 - Back in the U.S.S.R.
02 - Dear Prudence
03 - Glass Onion
04 - Ob-La-Di, Ob-La-Da
05 - Wild Honey Pie
06 - The Continuing Story of Bungalow Bill
07 - While My Guitar Gently Weeps
08 - Happiness is a Warm Gun
09 - Martha My Dear
10 - I'm so Tired
11 - Blackbird
12 - Piggies
13 - Rocky Raccoon
14 - Don't Pass me by
15 - Why Don't we do it in the Road
16 - I Will
17 - Julia

Disc 2
01 - Birthday
02 - Yer Blues
03 - Mother Nature's Son
04 - Everybody's Got Something to Hide Except me and my Monkey
05 - Sexy Sadie
06 - Helter Skelter
07 - Long Long Long
08 - Revolution 1
09 - Honey Pie
10 - Savoy Truffle
11 - Cry Baby Cry
12 - Revolution 9
13 - Good Night

lundi 15 juillet 2019

0076 - Giant Steps


Je passe la deuxième moitié de juillet et la quasi-totalité du mois d'août 2005 à York, d'abord en stage d'anglais (une perte de temps vu le résultat) puis en stage dit ouvrier, dans une librairie de l'ONG Oxfam. J'ai beaucoup téléchargé avant de partir. Des heures et des heures de musique en mp3 sur le disque dur de mon portable. En toute illégalité, il va de soi. De quoi découvrir de nouveaux horizons. De nouveaux territoires à explorer.

C'est donc à York que j'ai pour la première fois écouter John Coltrane, la première fois que j'ai écouté Giant Steps. Exceptés les deux albums de Brad Mehldau que je possédais alors, c'était même mes premiers pas dans le jazz.

Je croyais que le jazz était une musique d'intellectuels pour intellectuels, un peu nombriliste, beaucoup prise de tête, en définitive plutôt chiante... et que le jazz de Coltrane était le jazz par excellence. Voilà ce qu'étaient mes a priori avant d'avoir écouté Giant Steps.

J'ai vite changé d'avis. Giant Steps est un tourbillon. Un album d'une énergie incroyable. Un album totalement organique. En perpétuelle accélération. Où l'important est de jouer, de sentir, de vivre la musique...
Ce qui se cache derrière, la théorie, la technique, est certes très probablement incompréhensible pour le non-musicien que je suis. Le résultat me semble plutôt limpide. Quatorze ans après les avoir écoutés pour la première fois, je ne remets toujours pas de Countdown, de son introduction à la batterie et son saxophone qui semble partis dans des loopings perpétuels, de ses deux minutes de montagnes russes... Quatorze ans après, je ne me lasse pas du thème de Syeeda's Song Flute que je me surprends régulièrement à chantonner, comme ça, sans que rien apparemment ne me l'ait évoqué... Quatorze ans après, je continue d'écouter religieusement Naima, déclaration d'amour de Coltrane à sa première épouse...

La présente édition, achetée peu de temps après, lors de mon retour en France, fait la part belle à différentes versions et prises des morceaux de l'album, insistant un peu plus sur la richesse de la musique créée par le quatuor de Coltrane.

C'est donc à York, dans ce Nord de l'Angleterre, patrie du rock et de la pop (anglaise) que je me suis (en partie) arraché à cette pop et à ce rock anglais pour aller chercher ailleurs...

Giants Steps
John Coltrane
Atlantic 1960 / 2002

01 - Giant Steps
02 - Cousin Mary
03 - Countdown
04 - Spiral
05 - Syeeda's Song Flute
06 - Naima
07 - Mr. P.C.
08 - Giant Steps (alternate version 1)
09 - Naima (alternate version 1)
10 - Cousin Mary (alternate take)
11 - Countdown (alternate take)
12 - Syeeda's Song Flute (alternate take)
13 - Giant Steps (alternate version 2)
14 - Naima (alternate version 2)
15 - Giant Steps (alternate take)

dimanche 14 juillet 2019

0075 - Fantaisie Militaire


Fantaisie Militaire, choix facile pour le billet du jour.

J'ai acheté l'album en 2008 ou 2009 au Virgin Megastore des Champs Élysées (aujourd'hui fermé...), après une écoute intensive, en boucle, de La Nuit je Mens, sur une compilation des Inrockuptibles appartenant à Natacha.

La Nuit je Mens est bien sûr le plat de résistance (jeu de mot) de l'album et peut avoir tendance à écraser les autres compositions de l'album pour qui l'écouterait d'une oreille trop distante, trop distraite. En effet, Fantaisie Militaire est un album passionnant mais pas tout à fait équilibré, soufflant un peu le chaud et le froid, qui a vite faite de désarçonner l'auditeur qui s'attend à douze morceaux dans la lignée de La Nuit je mens.
On ne sait souvent sur quel pied danser, dès Malaxe, entrée en matière très étrange où Bashung étire les syllabes au delà du raisonnable. Les décharges électriques de Mes Prisons tranchent au milieu des arrangements presque trip-hop de 2043 ou d'Ode à la Vie. Samuel Hall, dont le "refrain"  Allez au Diable / Je m'appelle Samuel Hall / Et je vous déteste tous hante souvent mes pensées, est une relecture assez perturbante, presque dérangeante, plus parlée que chantée, sur fond de percussions et de basses électroniques, d'un vieux titre country anonyme.
D'autres morceaux restent cependant très immédiats. Deux brillent particulièrement en fin d'album : Aucun Express, ballade en forme de voyage sur le corps de la bien-aimée et, surtout, Sommes-Nous et son texte incompréhensible Sommes-nous des gonzesses / Sommes-nous de connivence / Ou le dernier coquelicot... car c'est cela aussi Bashung, au-delà d'arrangements osés, novateurs, ce sont des textes alambiqués, mêlant thèmes et idées en des jeux de mots inattendus et des juxtapositions déroutantes... un voyage autant littéraire que musical.

Un album que je n'écoute presque jamais en entier, d'une traite, mais dans lequel pourtant je ne néglige aucun morceau... comme un ensemble de trois ou quatre e.p. en fait...

Fantaisie Militaire
Alain Bashung
Barclay 1998

01 - Malaxe
02 - La Nuit je Mens
03 - Fantaisie Militaire
04 - 2043
05 - Mes Prisons
06 - Ode à la Vie
07 - Dehors
08 - Samuel Hall
09 - Aucun Express
10 - Au Pavillon des Lauriers
11 - Sommes-Nous
12 - Angora

samedi 13 juillet 2019

0074 - Animal X


Le Record Store Day est une opération annuelle d'un jour d'aide aux disquaires indépendants. Le principe de ce Disquaire Day (nom français) est de proposer uniquement chez ces disquaires passionnés des vinyles en édition limitée. C'est également l'occasion de pressurer le collectionneur encore une fois (avant que les formats physiques disparaissent totalement) en lui faisant miroiter des disques aux tirages extrêmement réduits... sans même parler des petits malins qui y ont vu une bonne opportunité de se faire de l'argent en achetant les disques et en les mettant immédiatement aux enchères sur Internet...

J'ai acheté ce disque de Nick Cave and the Bad Seeds lors d'un Record Store Day dans la boutique Harmonia Mundi de Dijon, rue Piron. Probablement le seul jour de l'année où ce commerce vendait autre chose que du classique... la boutique a fermé moins d'un an après - on ne jugera pas pour autant de l'efficacité du Disquaire Day...

Il s'agit d'un picture disc gravé sur ses deux faces du même morceau, Animal X, une probable chute de studio de l'album Push the Sky Away. Nick Cave y vocifère une histoire étrange pendant le groupe semble préparer, répéter la B.O. de la fin des temps... un morceau dans la lignée de The Gift du Velvet Undergound. Inutile pour qui ne connaît ou n'apprécie pas plus que ça Nick Cave. Indispensable pour qui admire l'Australien - je vous laisse deviner la catégorie à laquelle j'appartiens...

Sinon, pour me remercier de mon achat, on m'a aussi offert un t-shirt et un sac en toile du Disquaire Day... tant de cadeaux, je me demande si c'est si rentable pour les disquaires cette opération...

Animal X
Nick Cave & The Bad Seeds
Bad Seeds Limited 2013

A - Animal X
B - Animal X

vendredi 12 juillet 2019

0073 - Grinderman 2


Ce disque, le deuxième album de Grinderman, sobrement intitulé Grinderman 2 est un album de clones. De sosies. De Doppelgänger.
Grinderman, c'est (c'était) Nick Cave et certains membres de ses Bad Seeds, qui, pour ne pas sombrer dans la routine et se réinventer, forment une espèce de groupe dans le groupe, avec une approche différente de la composition, plus brute, plus violente, plus immédiate, plus collective aussi (même si Nick Cave se charge toujours seul des paroles).

Décharges électriques, accélérations subites, dissonances, éléments blues, gospel, punk, rock et même pop. Les guitares mordent et griffent, la batterie claque, la basse gronde, le violon grince. C'est un album en liberté totale, un concentré de créativité sans obstacles, de violence débridée, de sentiments exacerbés. Aux imprécations d'Heathen Child répondent les déclarations d'amour de Palaces of Montezuma. À l'ambiance oppressante de What I Know succède la foudre d'Evil. Si Mickey Mouse and the Goodbye Man est un single évident, l'album n'offre aucun temps mort, aucune pause, aucune faiblesse... l'auditeur est happé par ces neuf morceaux pour ressortir lessivé...

Le livret est tout aussi inquiétant : un ensemble de dessins faussement gore témoigne d'un sens de l'humour auquel tout le monde ne sera pas sensible. Un poster étrange sur lequel les membres du groupe sont déguisés en soldats de la Grèce antique achève la bizarrerie de l'ensemble.
Et comme Grinderman ne faisait rien comme tout le monde, ce n'est pas un code de téléchargement de mp3 qui, comme c'est très souvent le cas, était offert avec le vinyle mais carrément le CD...

Grinderman 2
Grinderman
Mute 2010

LP
A1 - Mickey Mouse and the Goodbye Man
A2 - Worm Tamer
A3 - Heathen Child
A4 - When my Baby Comes
B1 - What I Know
B2 - Evil
B3 - Kitchenette
B4 - Palaces of Montezuma
B5 - Bellringer Blues

CD
01 - Mickey Mouse and the Goodbye Man
02 - Worm Tamer
03 - Heathen Child
04 - When my Baby Comes
05 - What I Know
06 - Evil
07 - Kitchenette
08 - Palaces of Montezuma
09 - Bellringer Blues

jeudi 11 juillet 2019

0072 - Oeuvres pour Piano


En choisissant de parler aujourd'hui des Œuvres pour piano de Janáček par Alain Planès, j'ai eu envie de relire Les Testaments Trahis de Milan Kundera. Je l'ai lu la première fois dans un car, en retour d'une sortie scolaire (ou quelque chose du genre) en 2005. J'avais acheté ce disque dès le week-end suivant, à Paris, à la FNAC rue de Rennes, il me semble... On retrouve  d'ailleurs Kundera à la préface du disque - ce que j'ignorais en l'achetant.

Je relis donc la septième partie de l'essai, intitulée Le Mal-Aimé de la Famille et intégralement consacrée au compositeur tchèque (on rencontre d'autres références au musicien au cours des neuf parties du livre). Milan Kundera y raconte être allé chercher des disques de Janáček à la FNAC en 1992, il en dresse l'inventaire et commente. S'il faisait de même aujourd'hui, il n'aurait rien (ou presque) à écrire...

Je ne ferai pas semblant de m'y connaître en musique. Je ne peux, je ne sais analyser une œuvre. Et je n'en ai pas envie. Pas envie de décortiquer, de réfléchir sur la musique. Je fonctionne à l'instinct. Disons donc des œuvres pour piano de Janáček que leur apparente simplicité n'a d'égale que leur intensité. Il n'y a pas de chichis, pas de démonstrations gratuites, aucun passage destiné au plaisir des virtuoses. Chaque note semble importante, profonde, destinée à produire, à exprimer une émotion, à faire vibrer une corde sensible chez l'auditeur, aucune n'est là pour la décoration, pour faire le nombre.

En couverture, La Route, une toile de Nicolas de Staël, un peintre dont je n'ai jamais vu une toile (seulement quelques esquisses au Musée des Beaux-Arts de Dijon) mais pour lequel j'ai une admiration (basée sur des reproductions, beaucoup de reproductions) sans bornes.
Les tableaux de Nicolas de Staël sont apparemment simples, de grands aplats de couleurs. On pourrait même croire à des abstractions quasi-géométriques. Tous les détails sont ignorés. Ne reste que la lumière... et quelle lumière...
Il n'est en rien facile de se débarrasser du superflu... De Staël y est arrivé avec sa peinture, Janáček avec sa musique...


Œuvres pour Piano
Leoš Janáček - Alain Planès
Harmonia Mundi 1994

01-02 - 1. X. 1905 [Sonáta]
03-12 - Sur un Sentier Recouvert (premier cahier)
13-17 - Sur un Sentier Recouvert (second cahier)
18-21 - Dans les Brumes
22 - Souvenir

mercredi 10 juillet 2019

0071 - Sexx Laws


J'ai emprunté de nombreux albums de Beck (Beck Hansen de son nom complet) à la médiathèque de Versailles. Presque tous à vrai dire. J'en ai acheté trois seulement. Les autres ne m'ont pas convaincu sur la durée du disque. Souvent, le lead single écrasait le reste de l'album. C'est le cas de Loser (dont j'ai déjà un enregistrement sur une compilation), de Devil's Haircut et de Sexx Laws.

J'attendais beaucoup de Midnite Vultures. Sexx Laws, premier extrait de l'album, tout en cuivres, en humour et en mélodie sautillante, annonçait un album dansant, funky, sexy, irrésistible... Soit je suis passé totalement à côté - ce qui est malheureusement fort possible - soit l'album apparaît désespérément plat à côté de ce premier single. C'est donc lui, le single, le CD 2 titres (avec sa pochette en carton) de Sexx Laws que j'ai acheté sur Internet, d'occasion, malgré sa couverture peu avenante...

Surprise, la face b, sans être renversante, est plutôt entrainante... de quoi donner envie de réécouter l'album ?

Sexx Laws
Beck
Geffen 1999

01 - Sexx Laws
02 - Salt in the Wound

mardi 9 juillet 2019

0070 - Getz / Gilberto



João Gilberto est mort samedi.
Temps de réaction, temps de rédaction... chaleur, lenteur estivales... je ne rends hommage qu'aujourd'hui au père de la Bossa Nova - plus ou moins "nouvelle vague", à ne pas confondre avec la Nouvelle Vague ou avec la New Wave.

J'ai acheté Getz / Gilberto chez Gibert Joseph, boulevard Saint Michel, quand il y avait encore un magasin dédié uniquement au jazz et au classique, sans jamais l'avoir écouté avant - je connaissais vaguement The Girl from Ipanema, comme tout le monde... Ce sont des albums de Lalo Schifrin qui m'ont amené à la bossa tandis que je connaissais Stan Getz à travers un album réalisé avec Bill Evans. Le disque était en soldes (certains disques semblent en soldes permanentes chez Gibert...), la couverture, une toile d'Olga Albizu m'a directement tapé dans l'œil (j'ai vainement essayé de la reproduire à la gouache comme je l'ai fait avec plusieurs couvertures de disques... je garde le résultat à l'abri des regards...), pourquoi ne pas essayer ?

Les chansons, puisqu'il s'agit d'un album de jazz vocal, obéissent toutes à la même structure. Le piano et la section rythmique installent une ambiance langoureuse, une atmosphère de fin de soirée, invitant à la fois à la danse et à la détente, qui donnera envie de doucement balancer hanches et épaules. João Gilberto lance la mélodie d'une voix douce et profonde, accompagné de la guitare - son épouse Astrud le rejoint sur deux titres (les deux singles) - avant que Stan Getz ne dépose un solo empreint de suavité.

L'album est extrêmement agréable, parfait pour siroter des caïpirinhas par une moite soirée d'été. Ce serait même parfait si ça ne semblait finalement assez inoffensif.

Getz / Gilberto
Stan Getz et João Gilberto
Verve 1963 / 1997 / 2005

01 - The Girl from Ipanema
02 - Doralice
03 - Para Machuchar meu Coração
04 - Desafinado (Off Key)
05 - Corcovado (Quiet Night of Quiet Stars)
06 - Só Danço Samba
07 - O Grande Amor
08 - Vivo Sonhando (Dreamer)
09 - The Girl from Ipanema (45 rpm single)
10 - Corcovado (Quiet Night of Quiet Stars) (45 rpm single)

lundi 8 juillet 2019

0069 - Fun House


Les Stooges, on a l'impression qu'ils jouent de la guitare avec une agrafeuse. C'est Natacha qui devrait tenir un blog sur la musique. Son sens de la formule est bien meilleur que celui de la plupart des critiques professionnels.

Je n'ai pas été très tendre avec Iggy la dernière fois. Pourtant j'aime bien The Idiot... Mais voilà, Iggy a fait mieux seul et beaucoup beaucoup mieux avec The Stooges. Notamment avec Fun House. Un album considéré comme l'un des plus grands albums rock de tous les temps, voire le plus grand.

Rhino, un label coupable de rééditions incroyablement bonnes, publie en 1999 les sessions complètes de Fun House dans un coffret de 7 CD. Long article enthousiaste, extatique dans Rock & Folk...

Encouragé par une si solide réputation, j'achète l'album une première fois, au Virgin Megastore de Strasbourg pour trois fois rien. Une édition CD bon marché (la seule disponible dans le magasin). Un de ces disques ornés d'un petit autocollant jaune avec un point d'exclamation pour signaler un classique.
Quelle déception... c'est inécoutable. Un bourbier sonore informe. Je réessaye plusieurs fois, en laissant passer un peu de temps entre chaque tentative d'écoute... rien à faire. Dans mon souvenir, même la couverture n'est pas nette, une tâche rouge et orange.

2005 ou 2006. Je ne sais plus ce que je cherche à Gibert ce jour-là, peut être erre-je sans but, à la recherche d'un coup de cœur subit. Je tombe sur ce double CD de Fun House (un pour l'album, remasterisé, un pour une sorte de best-of des sessions d'enregistrement), publié chez Rhino. Les articles de Rock & Folk me reviennent immédiatement en tête. Et puis, la couverture cette fois est nette, Iggy se détache nettement, on distingue les différents éléments, les visages... Un peu de netteté ? Bon présage. Malgré les mauvais souvenirs de mes quelques écoutes de mon propre exemplaire de l'album, je n'hésite pas, j'achète le disque.

Et oui, c'est le meilleur disque rock de tous les temps. Inégalé et inégalable. Aucun doute quand on l'écoute. J'ai déjà dit la même chose pour Marquee Moon et pour Forever Changes. C'était vrai. C'est encore plus vrai pour Fun House.
Fun House, c'est un album quasi entier basé sur un unique riff. C'est une ballade (Dirt) poisseuse, terrifiante. C'est une fin d'album en bordel intégral. C'est Iggy qui hurle Lord en ouverture de TV Eye. C'est Iggy qui ressasse comme un enragé I feel alright sur 1970. C'est la nique à tous les prétendus rockeurs qui se bouchent le nez quand est évoqué un saxophone. C'est du free-jazz sans être du jazz, c'est du punk sept ans avant le punk, c'est du free-jazz-punk, quoi que cela puisse bien vouloir dire. Fun House c'est l'étalon à l'aune duquel tout disque rock devrait être mesuré... et peu lui arrivent à la cheville...

Quant à mon édition pourrie, je l'ai refilée à mon frère en le prévenant que c'était de la merde et que s'il voulait savoir à quoi ressemble vraiment Fun House, il devrait acheter un meilleur disque avec un meilleur son...

Fun House
The Stooges
Elektra 1970 - Rhino 2005

Disc one
01 - Down on the Street
02 - Loose
03 - T.V. Eye
04 - Dirt
05 - 1970
06 - Fun House
07 - L.A. Blues

Disc two
01 - T.V. Eye (takes 7 & 8)
02 - Loose (demo)
03 - Loose (take 2)
04 - Loose (take 22)
05 - Lost in the Future
06 - Down on the street (take 1)
07 - Down on the street (take 8)
08 - Dirt (take 4)
09 - Slide (Slidin' the Blues) (take 1)
10 - 1970 (take 3)
11 - Fun House (take 2)
12 - Fun House (take 3)
13 - Down on the Street (single mix)
14 - 1970 (single mix)

dimanche 7 juillet 2019

0068 - Falling Down (A Monstrous Psycheledic Bubble Mix)


Être fan, être collectionneur rend profondément con. Comment à 27 ans ai-je pu de nouveau tomber dans un tel panneau ? Acheter un disque dont je savais que c'était de la merde, de la daube, un piège à con, une escroquerie... Bref, pourquoi acheter un disque de remixes ? Même si c'est un vinyle 12'' et que c'est donc forcément un bel objet, je n'ai pas d'excuses...
Les remixes, ça a toujours été nul, ça a toujours été un grand concours de n'importe quoi. Des DJ qui défoncent une chanson patiemment construite pour n'en garder que deux phrases et une demi-ligne de basse et y ajouter des beats électroniques...
Et ce remix là, une soi-disant "bulle psychédélique qui explose dans l'esprit" est le pire de tous. 20 minutes (réparties sur deux faces) de cirque, d'éclats, de bordel intégral où rien (pas grand chose) ne rappelle Falling Down la chanson d'origine (qui, ceci-dit, n'est heureusement pas terrible). Comme si le mot psychédélisme justifiait toutes sortes de délires sans queue ni tête (pas de chapeau, pas de braguette comme chantait Souchon).

Et le pire dans tout ça, c'est que des disques de remixes manquent à ma collection... je ne les recherche pas vraiment mais si je tombe dessus, je risque de les acheter... Le temps ne fait rien à l'affaire... Quand on est con... on est con...

Falling Down (A Monstrous Psycheledic Bubble Mix)
Oasis - The Amorphous Androgynous
Big Brother 2009

A - Parts 1 & 2
B - Parts 3, 4 & 5

samedi 6 juillet 2019

0067 - The End is the Beginning is the End - The Remixes



The End is the Beginning is the End est la chanson du générique de fin du plus mauvais film jamais tourné sur Batman (Batman & Robin, de l'affreux Joel Schumacher). C'est un morceau (sympa mais pas exceptionnel) hors-album des Smashing Pumpkins, sorti uniquement en single, qui contient pas mal d'éléments électroniques et ouvre / préfigure la période Adore du groupe. Voilà pour la chanson...

Le single est sorti en plusieurs versions dont ce disque de remixes. Acheté à L'Occase de L'Oncle Tom, magasin de disques de seconde main installé Grand Rue (ou était-ce encore Rue des Frères, avant leur déménagement ?) à Strasbourg, pour 40 francs (je n'ai même pas pris la peine de décoller l'étiquette du prix, qui orne toujours le boîtier plastique de mon exemplaire), uniquement dans le but de compléter ma collection...

J'ai essayé une ou deux fois, il y a quinze dix sept ans, de le passer... sans jamais réussir à atteindre la fin des cinq morceaux. En même temps, il suffit de lire la liste des titres pour comprendre / savoir que c'est inécoutable...

The End is the Beginning is the End - The Remixes
The Smashing Pumpkins
Cinderful Music 1997

01 - Stuck in the Middle with Fluke Vox Mix
02 - Stuck in the Middle with Fluke Alternative Mix
03 - Rabbit in the Moon's Melancholy & The Infinite Sadness Mix
04 - Hallucination's Gotham Ghetto Beats
05 - Rabbit in the Moon's Infinite Radio Edit

vendredi 5 juillet 2019

0066 - Jackson C. Frank


Découvert en même temps que Bill Fay sur YouTube.
Le premier morceau de l'album m'a tout de suite frappé. Je n'avais jamais fait attention que l'excellente Blues Run The Game en bonus de Sounds of Silence de Simon & Garfunkel était une reprise. Une reprise de quelqu'un dont je n'avais jamais entendu parler.

Tout l'album (produit justement par Paul Simon) sobrement intitulé Jackson C. Frank est dans la lignée de ce premier morceau. On n'y entend que la voix apparemment assurée (malgré un légèrement tremblement à la fin des notes tenues) de Jackson C. Frank accompagnée de sa seule guitare (une deuxième guitare apparaît sur Yellow Walls) en arpèges délicates ou en strummings plus rêches.

Ces dix chansons (les morceaux 11 à 15 sont des bonus) sont exactement celles que l'on attend d'un chanteur folk. Ces dix chansons sont exactement celles que l'on attend la nuit tombée autour d'un feu de bois avant d'aller se coucher sous la tente.
Dit ainsi, on pourrait craindre que c'est ennuyeux. C'est tout le contraire. My Name Is Carnival résonne longtemps après la fin de la chanson. I Want To Be Alone a la douceur des meilleurs morceaux de Simon & Garfunkel. Don't Look Back aidera à repartir au combat après la défaite.

Jackson C. Frank n'a enregistré qu'un album, caché derrière des paravents, incapable de jouer et de chanter si on le regardait. Dépressif, schizophrène, il est mort dans la misère, d'une pneumonie, en 1999. Il avait 56 ans. Les larmes me montent aux yeux en y écrivant ces dernières lignes.

Jackson C. Frank
Jackson C. Frank
Sanctuary Records 2000

01 - Blues Run The Game
02 - Don't Look Back
03 - Kimbie
04 - Yellow Walls
05 - Here Come The Blues
06 - Milk and Honey
07 - My Name Is Carnival
08 - I Want To Be Alone
09 - Just Like Anything
10 - You Never Wanted Me
11 - Marlene
12 - Marcy's Song
13 - The Visit
14 - Prima Donna Of Swans
15 - Relations