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mercredi 3 juin 2020

0400 - Fold Your Hands Child, You Walk Like A Peasant


Écouter en boucle ou presque Kula Shaker me donne envie d’écouter du Kula Shaker. En boucle. Ou presque. Le presque est important. Très important. Tout est dans la nuance. Car, étrangement, écouter du Kula Shaker me donne aussi terriblement envie d’écouter Belle & Sebastian. Étrange tant les deux groupes n’ont à peu près rien à voir.

Depuis dimanche, j’ai même remis plusieurs fois, trois ou quatre - cinq ou six peut-être d’ici à ce que ce billet soit publié - sur la platine Fold Your Hands Child, You Walk Like A Peasant. C’est l’album de Belle & Sebastian que je me passe le moins souvent. Je ne sais pas pourquoi. Une sorte de non-réflexe un peu absurde. Non-réflexe dans le sens où, quand j’ai envie de Belle & Sebastian, je n’ai pas le réflexe, ce n’est pas ce qui me vient en premier à l’esprit, de me mettre Fold Your Hands Child, You Walk Like A Peasant. Ce n’est pas leur album que j’aime le moins. Ce n’est pas non plus leur moins bon album. Peut-être est-ce le plus triste - les autres ne sont pas des modèles de gaieté non plus. C’est probablement le moins bien foutu en revanche. C’est un début d’explication. Je ne peux en produire de meilleure.
En effet, Fold Your Hands Child, You Walk Like A Peasant n’est pas exactement un exemple de linéarité. Trop de chanteurs différents - quatre exactement, Stuart Murdoch, Isobel Campbell, Sarah Martin et Stevie Jackson se partagent le micro au cours des 11 chansons. Trop de styles différents abordés. Trop de changements d’ambiance. Trop de songwriters différents. L’album prend parfois des allures de compilation - on se croirait sur un album de Crosby, Stills, Nash & Young.

Ne pas écouter souvent un album a aussi ses avantages. Quand on le ressort de l’étagère, on peut le redécouvrir. Et l’apprécier pleinement pour ce qu’il est et pour ce qu’il a été. Entendre I Fought in a War ou Don’t Leave the Light on Baby non pas comme si c’était la première fois mais comme si on avait le droit à une nouvelle première fois. Avoir droit de retomber amoureux de chansons qu’on a tant aimées mais qu’on avait cachées, enfouies, quelque part, au milieu de trop de souvenirs, est un plaisir que je souhaite à tous ceux qui, comme moi, pensent que 3 ou 4 minutes de pop ne peuvent certes pas changer le monde mais suffisent peut-être à le sauver.

Fold Your Hands Child, You Walk Like A Peasant
Belle & Sebastian
Jeepster 2000

01 - I Fought in a War
02 - The Model
03 - Beyond the Sunrise
04 - Waiting for the Moon to Rise
05 - Don’t Leave the Light on Baby
06 - The Wrong Girl
07 - The Chalet Lines
08 - Nice Day for a Sulk
09 - Women’s Realm
10 - Family Tree
11 - There’s Too Much Love

mardi 15 juillet 2025

2268 - Ballad of the Broken Seas


Tu as bien fait de partir, Arthur Rimbaud…
Ouais, hé, arrête ton Char, hein…

Isobel Campbell, pour le pote qui m’a fait découvrir Belle and Sebastian, c’était la traîtresse. Celle à qui le groupe (et Stuart Murdoch en particulier) avait appris les ficelles du métier et qui s’était barrée pour faire son propre truc une fois qu’elle estimait n’avoir plus à rien à apprendre.

Influençable, je me suis arrêté à cette opinion pendant des années. Même quand j’ai découvert le travail de Mark Lanegan avec qui elle a mené trois albums durant un de ses principaux projets post-B&S, je n’ai pas creusé de ce côté. Et puis, j’ai acheté il y a quelques semaines un disque de raretés du duo publié à l’occasion du Record Store Day. Pour voir écouter. Puis, convaincu, peu de temps après, leur premier album : Ballad of the Broken Seas.

Et je peux l’affirmer, avant même d’avoir écouté - ça ne saurait tarder - les deux autres albums enregistrés avec Mark Lanegan : tu as bien fait de partir, Isobel Campbell.

Ballad of the Broken Season
Isobel Campbell & Mark Lanegan
V2 2006

01 - Deus Ibi Est
02 - Black Mountain
03 - The False Husband
04 - Ballad of the Broken Seas
05 - Revolver
06 - Ramblin’ Man
07 - (Do You Wanna) Come Walk with Me ?
08 - Saturday’s Gone
09 - It’s Hard to Kill a Bad Thing
10 - Honey Child What can I Do ?
11 - Dusty Wreath
12 - The Circus is Leaving Town

samedi 13 mars 2021

0683 - The BBC Sessions : Special Edition


Encore un billet où le disque évoqué ne servira que de prétexte.
Belle and Sebastian est en effet loin d’être un bon groupe de scène. Leurs chansons pop aux textes équivoques voire ouvertement érotiques, formidables en studio, semblent se ratatiner en concert et ne parviennent pas à occuper l’espace sonore. La faute à des musiciens qui peinent à donner de l’ampleur et de l’intensité à leur jeu et à un chanteur qui, sans filet, ne peut cacher ses limites : Belle and Sebastian est un groupe de salon - et ce n’est absolument pas une critique. Le CD Bonus de ce BBC Sessions, enregistrement d’un concert à Belfast en 2001, loin d’être désagréable, tient donc de l’anecdote et est à réserver aux fans ultimes du groupe - il y en a.
Les enregistrements pour la BBC sont un peu plus riches et explorent tout d’abord le répertoire du début du groupe (les deux premiers albums et leur jolie collection de singles hors-album) avant de privilégier les morceaux rares voire inédits. Là encore, le répertoire proposé fait que le disque est avant tout destiné aux amoureux du groupe de Stuart Murdoch plutôt qu’aux néophytes.

Voilà pour le prétexte. Pourquoi The BBC Sessions aujourd’hui ? Pour une reprise. Et pas celle de I’m Waiting for the Man, ridicule.
J’avais proposé à Natacha Small Black Flowers that grow in the Sky des Manics (réponse : moue), Lady of the Flowers de Placebo (réponse : non catégorique), The Flower of Carnage, extrait de Kill Bill (réponse : haussement d’épaules), Flowers and Football Tops (réponse : non triste) et même San Francisco (Be Sure to Wear Some Flowers in your Hair) ou Flowers in my Hair, Demons in my Head quand elle m’avait demandé un titre de chanson contenant le mot fleur (flower) pour sa nouvelle galerie de photos. Je n’ai même pas pris la peine d’essayer Bloodflowers...
Puis, petit miracle, j’ai alors pensé à la Valse des Fleurs de ce bon vieux Piotr Ilitch, qui faillit bien emporter la mise. Puis, au dernier moment, Natacha a trouvé que ça faisait bizzarre, ce titre en français au milieu des titres en anglais empruntés à Kula Shaker aux Kinks, à Oasis ou à Neil Young... Le Sacre du Printemps de Stravinsky fut rejeté pour la même raison.
Et c’est finalement Here Comes the Sun, la chanson de George Harrison qui donne son titre à la nouvelle galerie florale de Natacha. J’ai déjà écrit le billet sur l’album bleu qui ne s’appelle pas ainsi et il y a des millénaires que je n’ai pas écouté Abbey Road (le vinyle qui appartenait à la tante de Natacha affiche quelques sales rayures), j’ai donc choisi Belle and Sebastian en guise de publicité pour le site de Natacha : Here Comes the Sun ouvre le disque bonus, le live à Belfast de 2001.

The BBC Sessions : Special Edition
Belle and Sebastian
Jeepster 2008

CD1
01 - The State that I am In
02 - Like Dylan in the Movies
03 - Judy and the Dream of Horses
04 - The Stars of Track and Field
05 - I Could be Dreaming
06 - Seymour Stein
07 - Lazy Jane 
08 - Sleep the Clock Around
09 - Slow Graffiti 
10 - Wrong Love
11 - Shoot the Sexual Athlete
12 - The Magic of a Kind Word
13 - Nothing in the Silence
14 - (My Girl’s Got) Miraculous Technique

CD2 : Live in Belfast 2001
01 - Here Comes the Sun
02 - There’s too Much Love
03 - The Magic of a Kind Word
04 - Me and the Major
05 - Wandering Alone
06 - The Model
07 - I’m Waiting for the Man
08 - The Boy with the Arab Strap
09 - The Wrong Girl
10 - Dirty Dream #2
11 - Boys are Back in Town
12 - Legal Man