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jeudi 13 juin 2024

1871 - Mister Melody


J’aurais préféré rendre hommage à Françoise Hardy à travers les chansons qu’elle a écrites et composées… mais j’ai déjà chroniqué son meilleur… j’ai déjà aussi chroniqué The Great Escape sur lequel elle était invitée. Il me faudra donc pour saluer la délicieuse chanteuse qu’elle était me contenter d’un coffret de chansons de Gainsbourg sur lequel elle apparaît rapidement, deux titres seulement (au début du CD4) parmi quatre-vingt-dix-huit - ce fut une liste bien longue à copier. Il ne me reste désormais qu’à me plonger plus sérieusement dans sa discographie, notamment celle en anglais, réputée fabuleuse.

Mister Melody
Les Interprètes de Serge Gainsbourg
Mercury 2006

CD1
01 - Le Poinçonneur des Lilas (Les Frères Jacques)
02 - Douze Belles dans la Peau (Michèle Arnaud)
03 - Du Jazz dans le Ravin (instrumental) (Alain Goraguer et son orchestre)
04 - Ce Mortel Ennui (instrumental) (Alain Goraguer et son orchestre)
05 - Il était une Oie (Juliette Gréco)
06 - Les Amours Perdues (Juliette Gréco)
07 - L’Amour à la Papa (Juliette Gréco)
08 - "Friedland" (La Jambe de Bois) (Juliette Gréco)
09 - La Recette de l’Amour Fou (Juliette Gréco)
10 - Défense d’Afficher (Pia Colombo)
11 - Ronsard 58 (Hélène Martin)
12 - Mes Petites Odalisques (Hugues Auffray)
13 - Les Oubliettes (Jean-Claude Pascal)
14 - Chanson pour Tezigue (Philippe Clay)
15 - Accordéon (Juliette Gréco)
16 - Black Trombone (Catherine Sauvage)
17 - Les Goémons (Catherine Sauvage)
18 - L’Assassinat de Franz Lehar (Catherine Sauvage)
19 - Baudelaire (Catherine Sauvage)
20 - La Chanson de Prévert (Isabelle Aubret)
21 - Vilaine Fille, Mauvais Garçon (Petula Clark)
22 - Quand tu t’y Mets (Les Mercenaires)
23 - La Belle et le Blues (Brigitte Bardot)
24 - Je me Donne à qui me Plaît (Brigitte Bardot)
25 - L’Appareil à Sous (Brigitte Bardot)

CD2
01 - La Javanaise (Juliette Gréco)
02 - Strip Tease (Nico)
03 - Les Yeux pour Pleurer (Nana Mouskouri)
04 - Laisse Tomber les Filles (France Gall)
05 - Arc en Ciel (Isabelle Aubret)
06 - Maxim’s (Serge Reggiani)
07 - Erico Tico (instrumental) (Serge Gainsbourg)
08 - La Guerilla (Valérie Lagrange avec Los Incas)
09 - Poupée de Cire, Poupée de Son (France Gall)
10 - Bubble Gum (Brigitte Bardot)
11 - Les Omnibus (Brigitte Bardot)
12 - Attends ou Va-t’en (France Gall)
13 - Les P’tits Papiers (Régine)
14 - Si t’Attends qu’les Diamants t’Sautent au Cou (Régine)
15 - No Man’s Land (Isabelle Aubret)
16 - Pour Aimer il faut être Trois (Isabelle Aubret)
17 - Non à tous les Garçons (Michèle Torr)
18 - Je Préfère Naturellement (Dalida)
19 - La Cavaleuse (Mireille Darc)
20 - Les Petits Boudins (Dominique Walter)
21 - Hip Hip Hip Hurrah (Claude François)
22 - Base-Ball (Eddy Mitchell)
23 - Les Papillons Noirs (Michèle Arnaud)
24 - Les Sucettes (France Gall)
25 - Scène de Bal 1 (instrumental) (Michel Colombier)

CD3
01 - Baby Pop (France Gall)
02 - Hier ou Demain (Marianne Faithfull)
03 - Sous le Soleil Exactement (Anna Karina)
04 - Un Poison Violent, c’est ça l’Amour (Jean-Claude Brialy / Serge Gainsbourg)
05 - Roller Girl (Anna Karina)
06 - Ne Dis Rien (Anna Karina et Jean-Claude Brialy)
07 - Boomerang (Jean-Claude Brialy)
08 - Je n’avais qu’un Seul Mot à lui Dire (Anna Karina et Jean-Claude Brialy)
09 - Teenie Weenie Boppie (France Gall)
10 - Harley Davidson (Brigitte Bardot)
11 - Contact (Brigitte Bardot)
12 - Comic Strip (version anglaise) (Brigitte Bardot / Serge Gainsbourg)
13 - Bonnie & Clyde (version anglaise) (Brigitte Bardot / Serge Gainsbourg)
14 - Je t’Aime… Moi non Plus (Brigitte Bardot / Serge Gainsbourg)
15 - Ouvre la Bouche, Ferme les Yeux (Régine)
16 - La Vie est une Belle Tartine (Dominique Walter)
17 - Bloody Jack (Zizi Jeanmaire)
18 - L’Oiseau du Paradis (Zizi Jeanmaire)
19 - La Horse (instrumental) (Jean-Claude Vannier)
20 - Desperado (Dario Moreno)
21 - Capone et sa P’tite Phillis (Régine)
22 - Le Drapeau Noir (Mireille Darc)
23 - Hélicoptère (Mireille Darc)
24 - Jane B (Jane Birkin)

CD4
01 - Comment te Dire Adieau (Françoise Hardy)
02 - L’Anamour (Françoise Hardy)
03 - Je t’Aime… Moi non Plus (Jane Birkin / Serge Gainsbourg)
04 - Turlututu Capot Pointu (Michel Colombier)
05 - La Noyée (Anna Karina)
06 - Di Doo Dah (Jane Birkin)
07 - Kawasaki (Jane Birkin)
08 - Le Bras Mécanique (Jacques Dutronc)
09 - Ballade de Johnny Jane (Jane Birkin)
10 - L’Aquoiboniste (Jane Birkin)
11 - Ex-Fan de Sixties (Jane Birkin)
12 - Betty Jane Rose (Bijou)
13 - Dieu Fumeur de Havanes (Catherine Deneuve / Serge Gainsbourg)
14 - Dépression au-dessus du Jardin (Catherine Deneuve)
15 - Overseas Telegram (Catherine Deneuve)
16 - J’Envisage (Alain Bashung)
17 - Les Dessous Chics (Jane Birkin)
18 - Fuir le Bonheur de Peur qu’il ne se Sauve (Jane Birkin)
19 - Pull Marine (Isabelle Adjani)
20 - Zéro Pointé vers l’Infini (Charlotte Gainsbourg)
21 - Lulu (Bambou)
22 - Tandem (Vanessa Paradis)
23 - Ne Dis Rien (Lulu / Bambou)
24 - Comme un Boomerang (Etienne Daho / Dani)

jeudi 14 septembre 2023

1598 - Jane Birkin - Serge Gainsbourg


Il n’est, paraît-il jamais trop tard pour bien faire. Mieux vaut tard que jamais, c’est ce qu’on dit, alors - même si je ne suis pas tout à fait d’accord - voici, avec deux mois de retard, mon petit hommage à l’immense Jane. Qu’on me pardonne ce délai, je n’avais jusqu’à ce mercredi matin pas vraiment de disque de Jane Birkin, sa présence seulement sur quelques compilations. Les féministes de 2023 n’apprécieront pas que je rende cet hommage à Jane à travers un disque entièrement façonné par Gainsbourg - je les emmerde.

Je t’aime moi non plus ouvre le bal et donne le ton du disque sobrement intitulé Jane Birkin - Serge Gainsbourg (la facturette de la FNAC mentionne Jane et Serge - j’ai cru que j’allais devoir me remettre au volley-ball, seul sport collectif que j’ai pratiqué en club). Le texte est presque aussi choquant aujourd’hui qu’il y a 50 ans. Les arrangements n’ont pas pris une ride, loin de là, ils se sont peut-être même bonifiés.
Après ce duo, c’est l’alternance qui prime, une chanson chacun, tour à tour. Gainsbourg, il faut l’admettre, se réserve les meilleurs morceaux (L’Anamour, 69 Année Érotique, Sous le Soleil Exactement) et se charge lui-même des Sucettes de France Gall (la confier à Jane, bien moins nunuche et ingénue que l’eurovisionneuse, n’aurait pas été assez marrant) mais permet à Birkin de montrer son timbre aussi joli que fragile, aussi charmant qu’un peu ridicule, notamment sur l’excellent Jane B. qui emprunte à la fois à Chopin et à Nabokov - il y a pire comme références. Un faux-pas ? Il n’y en a que peu, peut-être ce Canari sur le Balcon un peu incongru. Même le bonus, La Chanson de Slogan, est excellent.

Jane Birkin - Serge Gainsbourg
Jane Birkin - Serge Gainsbourg
Fontana - Mercury 2003

01 - Je T’Aime Moi Non Plus
02 - L’Anamour
03 - Orang Outan
04 - Sous le Soleil Exactement
05 - 18-39
06 - 69 Année Érotique
07 - Jane B.
08 - Élisa
09 - Le Canari est sur le Balcon
10 - Les Sucettes
11 - Manon
12 - La Chanson de Slogan

lundi 10 février 2020

0286 - Histoire de Melody Nelson


Je suis quelqu'un de prude. Cela étonnera ceux qui me connaissent et qui m'ont déjà entendu parler crument de sexe (essentiellement des blagues de cul), c'est pourtant la vérité - nue (emoji visage rougissant).

J'ai vu jeudi dernier, en début d'après-midi, la fin (la moitié environ) d'un documentaire sur Serge Gainsbourg sur une chaîne cinéma (Ciné + quelque chose). Le documentaire insistait sur l'aspect protéiforme de son œuvre, à la fois musicale, littéraire, picturale, photographique et cinématographique. J'y ai appris que Gainsbourg, réalisateur de Je t'aime... moi non plus (film qui évoque ouvertement la sodomie - je ne l'ai pas vu), auteur de Love on the Beat ou de Lemon Incest, chansons plutôt équivoques, avait refusé de composer les bandes originales des Valseuses et d'Emmanuelle car il trouvait les scripts trop osés - il était choqué... et le documentaire de conclure que Gainsbourg, comme tous les grands provocateurs, était en réalité prude...

J'ai moi-même du mal avec les chansons qui traitent trop explicitement de sexe - sauf Madame Rêve.
L'album Histoire de Melody Nelson, acheté il y a dix ou douze ans sur sa seule réputation, sans l'avoir écouté auparavant, est un disque magnifique, sublime. Sur le plan musical. Les compositions, les arrangements, le son, la voix plus parlée que chantée de Gainsbourg sont absolument superbes. En revanche, je ne peux m'empêcher de ressentir une gêne quand il est question, dans le texte, (presque) sans ambigüité, de la sexualité d'une fille de quatorze, quinze ans... et des relations d'un homme d'âge mur avec celle-ci... ça me gâche légèrement le plaisir (immense pourtant, la musique est vraiment superbe).

Il faut croire que je suis trop prude, moi aussi.

Histoire de Melody Nelson
Serge Gainsbourg
Mercury 2001

01 - Melody
02 - Ballade de Melody Nelson
03 - Valse de Melody
04 - Ah ! Melody
05 - L'Hôtel Particulier
06 - En Melody
07 - Cargo Culte

mercredi 25 octobre 2023

1639 - Monsieur Gainsbourg Revisited


J’ai acheté peu de livres dans des gares. Ça m’est arrivé. Moins encore de romans de gare. Même si ça m’est arrivé aussi. Des disques non plus, je n’en ai pas acheté beaucoup en gare. Quelques compilations ou disques offerts avec des magazines seulement. Monsieur Gainsbourg Revisited, si je ne me trompe pas était vendu avec un hors-série des Inrocks - aucune idée d’où se trouve aujourd’hui le magazine papier - je crois l’avoir acheté Gare du Nord, en attendant un train pour Compiègne. Pas certain que les années concordent. Peu importe, c’est le lot des souvenirs, ils peuvent être faux dans les faits et n’en être pas moins vrais dans mon esprit.
Étrange idée que d’inviter la fine fleur (ou presque) de la pop et du rock anglo-saxon chanter du Gainsbourg. Serge sans ses mots, on n’imagine guère. D’un autre côté, les Rosbeefs et les Ricains ont certainement mieux apprécié les splendides arrangements des albums-concept de Gainsbourg que ne l’ont fait les Français - ce n’est pas Beck qui dira le contraire. Alors, entendre des noms aussi prestigieux que Portishead, Michael Stipe, Jarvis Cocker ou Cat Power (très friande de reprises, elle en a fait plusieurs albums) ou Tricky se frotter au maître du jeu de mots chanté n’étonne plus tellement. Les titres choisis explorent toute la carrière du french songwriter, du Poinçonneur des Lilas (Just a Man with a Job) à Sorry Angel en passant par Melody Nelson et les B.O. qu’il a composées.
Personne pour s’attaquer à Aux Armes, etc. dans la langue de Shakespeare ? dommage…

Monsieur Gainsbourg Revisited
Barclay 2008

01 - A Song for Sorry Angel (Franz Ferdinand & Jane Birkin)
02 - I Love You (Me Either) (Cat Power & Karen Elson)
03 - I Just Came to Tell that I’m Going (Jarvis Cocker & Kid Loco)
04 - Requiem for Anna (Portishead)
05 - Requiem for a Jerk (Faultline & Brian Molko & Françoise Hardy)
06 - L’Hôtel (Michael Stipe)
07 - Au Revoir Emmanuelle (Tricky)
08 - Lola R. for ever (Marianne Faithfull & Sly and Robbie)
09 - Boy Toy (Marc Almond & Trash Palace)
10 - The Ballad of Melody Nelson (Placebo)
11 - Just a Man with a Job (The Rakes)
12 - I Call it Art (The Kills)
13 - Those Little Things (Carla Bruni)

lundi 22 février 2021

0664 - Initials B.B.


Pour ceux qui n’auraient pas fait attention au déplorable jeu de mot d’il y a quelques jours, je me permets d’en remettre une couche... même si la chanson Initials B.B. est plus à chercher du côté de Dvořák et de sa Symphonie du Nouveau Monde (pour la composition) et Days of Pearly Spencer de David McWilliams (pour les arrangements) que du côté de Britten.

Initials B.B. de Serge Gainsbourg est une sorte d’album-compilation. Présenté comme un album à sa sortie en 68 mais constitué de titres déjà publiés auparavant sur des e.p. 4 titres. Et qui réunit le meilleur de ce dont Gainsbourg était capable... et si ce n’est le pire (les années quatre-vingt seront très douloureuses) mais des morceaux très limite...
Le meilleur d’abord : une parfaite pop anglaise sixties chantée en français. Comic Strip, Initials B.B., Bonnie and Clyde et, surtout, Qui est « In » Qui est « Out » n’ont rien à envier aux classiques d’outre-Manche au niveau de la mélodie et de l’instrumentation et proposent souvent des textes plus malins, mieux écrits que ceux des voisins britons.
Pour le reste, on va du morceau en demi teinte (Bloody Jack) aux chansons dont les textes étaient déjà douteux en 1968 mais ne peuvent en aucun cas passer cinquante ans plus tard (Hold-Up qui semble banaliser les agressions sexuelles ou Black and White encore très colonial)...

Bref, avec Gainsbourg, on était visiblement à Quitte ou Double... ce pourrait presque être le titre d’une de ses chansons, non ?

Initials B.B.
Serge Gainsbourg
Philips 2001

01 - Initials B.B.
02 - Comic Strip
03 - Bloody Jack
04 - Docteur Jekyll et Monsieur Hyde
05 - Torrey Canyon
06 - Shi Ba Du Ba Loo Ba
07 - Ford Mustang
08 - Bonnie and Clyde
09 - Black and White
10 - Qui est « In » Qui est « Out »
11 - Hold-Up
12 - Marilu


mercredi 12 février 2020

0288 - Africa / Brass


Une de mes collègues - elle est professeur d'anglais - déteste Gainsbourg. Elle déteste à vrai dire beaucoup de choses et ne manque pas de le faire savoir, quand elle déteste quelque chose. Elle est plutôt sympa à part ça : il suffit de ne pas faire partie de la quantité de choses ou de gens qu'elle déteste...
Parmi les reproches qu’elle adresse à Gainsbourg semble primer celui d’avoir piqué à d’autres des bouts de composition - entre autres, une partie de la Symphonie du Nouveau Monde - pour écrire ses chansons. Argument assez faible quand on sait que Schubert a parfois cité littéralement Beethoven dans ses compositions ou si on écoute Ouverture 1812 de Tchaikovsky.
Peu importe, rien ne lui fait entendre raison. Elle préférera toujours Polnareff et Brel - ce qui est tout à fait son droit.

J’ai pensé immédiatement à elle en entendant pour la première fois Greensleeves, une chanson traditionnelle britannique, interprétée par Coltrane sur Africa / Brass. J’ai alors découvert que Brel lui non plus ne se gênait pas pour copier ici ou là un thème mélodique : Greensleeves c’est Amsterdam... l’argument Gainsbourg est un voleur perd de sa solidité...

Africa / Brass est le premier album de Coltrane que j’ai emprunté à la médiathèque de Versailles et, par conséquent, le premier album de Coltrane que j’ai écouté après le désastre personnel que fut la découverte d’Ascension.
Je fus vite rassuré. Africa / Brass est un album plus normal que son lointain successeur, les morceaux et leurs thèmes sont clairs, je n’ai pas été dérouté. C’est avant tout un bel album qui réunit tout ce que j’aime chez Coltrane, celui de Giant Steps, A Love Supreme, Olé ou My Favourite Things - en moins brillant tout de même.

L’édition d’Africa / Brass que j’ai achetée il y a un an ou deux n’est pas exactement la même que celle que j’avais empruntée à la médiathèque de Versailles. L’une et l’autre sont des éditions augmentées, avec morceaux supplémentaires et versions alternatives, de l’édition originale. Dans mes souvenirs, l’édition que j’avais empruntée tenait sur deux disques et comprenait plus de pistes. Je ne comprends pas cette manie actuelle de ressortir des albums classiques du jazz qui soient moins complètes que d’anciennes éditions, surtout si c’est pour leur adjoindre une nouvelle pochette (ce n’est heureusement pas le cas ici, la pochette originale a été conservée) moins belle que l’originale...

Pour revenir à ma collègue d’anglais... elle déteste aussi le jazz...

Africa / Brass
John Coltrane
Impulse - State of Art Records 2018

01 - Africa
02 - Greensleeves
03 - Blues Minor
04 - Song of the Underground Railroad
05 - Greensleeves (alternate take)
06 - Africa (alternate take)
07 - The Damned Don't Cry

mercredi 29 octobre 2025

2374 - L’Enfant Assassin des Mouches


Le bien trop méconnu et sous-estimé Jean-Claude Vannier, arrangeur hors pair pour tout ce qui se fait de chansons française des années 70, du pire (Duteil) au meilleur (Gainsbourg - on lui doit notamment une grande partie des nombreuses beautés instrumentales de Histoire de Melody Nelson) ouvrait sa propre discographie avec L’Enfant Assassin des Mouches, suite folle d’instrumentaux allant de la musique concrète au rock en passant par le collage sonore et le bidouillage électronique. Fasciné, Gainsbourg écrit un conte - ou une ébauche de conte - pour le livret du disque, assurant à l’œuvre le statut d’album-culte.

L’Enfant Assassin des Mouches
Jean-Claude Vannier
Because Music 2008

01 - L’Enfant, la Mouche et les Allumettes
02 - L’Enfant au Royaume des Mouches
03 - Danse des Mouches Noires Gardes du Roi
04 - Danse de l’Enfant et du Roi des Mouches
05 - Le Roi des Mouches et la Confiture de Rose
06 - L’Enfant Assassin des Mouches
07 - Les Gardes volent au Secours du Roi
08 - Mort du Roi des Mouches
09 - Pattes de Mouches
10 - Le Papier Tue-Enfant
11 - Petite Agonie de l’Enfant Assassin.

vendredi 23 août 2019

0115 - Delivery


Nous avons regardé Irréprochable l'autre soir, un thriller français de bonne tenue. L'histoire est un peu déjà-vue mais les acteurs, eux, étaient... irréprochables. Au casting, dans un second rôle, aux côtés de Marina Foïs, Jérémie El Kaïm et Joséphine Japy : Benjamin Biolay (cf. La Superbe). En discutant avec Natacha, nous étions proches de convenir que les chanteurs devenus acteurs étaient en général plutôt bons quand elle a trouvé le parfait contre-exemple : Pete Doherty. Pour être tout à fait honnêtes, on n'a pas vu son film avec Charlotte Gainsbourg (qui elle n'est ni vraiment chanteuse ni vraiment actrice...), juste quelques photos et quelques extraits, mais cela a suffi à nous convaincre de la nullité abyssale du film et du jeu du Libertines.

C'est à se demander aujourd'hui quand on voit l'état du bonhomme et de son œuvre pourquoi un jour Pete Doherty est devenu célèbre... Est-il une sorte de Paris Hilton masculin et junkie ? Du genre à être célèbre uniquement parce qu'il est célèbre ?
Non, il a un jour été un très bon songwriter. En fouillant de fond en comble sa discographie (bon courage !), on trouvera nombre de chansons qui auraient mérité de rester inédites, sur la K7 d'un groupe d'étudiants. On trouvera aussi un joli petit lot de perles pop-rock parfaitement taillées. Le garçon, il faut le reconnaître est ultra-productif. Est-ce parce qu'il arrive quelques fois à mieux se concentrer ou est-ce une simple histoire de chance et de probabilités s'il parvient dans la masse de ses morceaux sans intérêt à sortir un single parfait ?
Delivery est une de ces excellentes chansons qui ont fait que Pete Doherty méritait d'être connu. Quant aux faces b, elles ne servent, on s'en doute, que de remplissage... Le dessin en couverture est de Pete lui-même (il dessine et peint en plus de composer et de jouer la comédie)... dommage qu'il trouve si malin d'écrire avec son sang (je trouve ça pathétique).
Ce single est le dernier disque de Pete Doherty que j'ai acheté. À moins d'avoir raté quelque chose (c'est fort probable), ça fait donc 12 ans qu'il n'a pas sorti une chanson correcte...

Delivery
Babyshambles
EMI Parlophone 2007

01 - Delivery
02 - Stone Me
03 - I Wish (Mik's vocal version)
04 - Delivery (piste video)

lundi 29 juillet 2019

0090 - La Superbe


Je commande beaucoup de disques sur Internet même si je déteste ça. L'achat d'un disque devrait faire partie de tout un rituel dont le passage chez le disquaire serait l'apothéose. J'aimerais acheter tous mes disques chez Gibert chez Décibul ou chez Crocodisc ou à de plus petits disquaires encore. Malheureusement, les prix sur le net sont souvent imbattables et tout s'y trouve bien plus facilement...

Il existe cependant un endroit pire encore qu'Internet pour faire ses emplettes musicales (ou littéraires)... les fameux Espace Culturel Leclerc. Je déteste les hypermarchés, Leclerc plus que tous les autres... Et leurs Espace Culturel est ce qu'il y a de plus haïssable chez Leclerc...

je me calme... grande respiration...

C'est à l'Espace Culturel Leclerc de Limoges (de sa banlieue, je ne me rappelle pas le nom de la commune) que j'ai acheté La Superbe de Benjamin Biolay, faute de l'avoir trouvé ailleurs à un prix raisonnable, Internet y compris... triste compromission de ma part.


Benjamin Biolay est un Lyonnais supporter revendiqué de l'OL de Jean-Michel Palpatine Aulas, il a une tête à claques, il semble arrogant, suffisant et content de lui-même, le premier single de La Superbe, Padam, est à mon avis assez faible et le packaging de l'album est laid. J'avais donc a priori toutes les raisons de détester cet album. Toutes les raisons de ne même pas l'écouter, de ne pas y jeter une oreille.
Sauf qu'un jour, sur YouTube (encore...), je l'ai écouté sur les conseils d'un forumeur (? forumiste ?) du site csoasis.net (aujourd'hui hors ligne). Et que c'est excellent.
J'ai écouté en boucle le premier disque. Un album qui se résumerait à ce premier disque serait déjà énorme. Rock, pop, chanson française, électro, Biolay fait tout sonner avec une facilité déconcertante. La Superbe est une entrée en matière imparable. Le texte est un peu abscons, on se demande si le type raconte vraiment quelque chose (On reste Dieu merci à la merci d'un conifère) mais ça fonctionne... La balade suicidaire 15 août enchaîne avec brio. On passe sur Padam comme on passera sur la Toxicomanie (trop influencée par Gainsbourg). Plus loin vient l'enchaînement Ton Héritage (qui vous fera oublier toutes les chansons écrites par un père à son enfant) / Si tu suis mon regard / Night Shop qui touche à la perfection. Le premier disque se conclut sur un duo, Brandt Rhapsodie, récit dialogué (à travers des conversations téléphoniques) d'une histoire d'amour depuis ses prémices jusqu'à la séparation. Un exercice totalement casse-gueule qui pourtant marche excellemment bien...
Et là, le plus fort, c'est qu'il y a un deuxième disque. Presqu'aussi bon. Avec son single évident Lyon Presqu'île, ces morceaux en forme d'autoflagellation Tout ça me tourmente, Jaloux de tout... mais aussi ces ratés : l'informe Buenos Aires. L'album s'achève sur 15 septembre, écho et réponse à 15 août... l'album lui-même est une histoire, celui d'une séparation (en l'occurrence, séparation d'avec Chiara Mastroianni).
S'achève ? Non, il reste une dernier morceau, non listé au dos de la couverture, Les Grands Ensembles. Pour parachever le triomphe...

La Superbe
Benjamin Biolay
Naïve 2011

CD1
01 - La Superbe
02 - 15 août
03 - Padam
04 - Miss Catastrophe
05 - Ton Héritage
06 - Si tu suis mon Regard
07 - Night Shop
08 - Tu es mon Amour
09 - Sans Viser Personne
10 - La Toxicomanie
11 - Brandt Rhapsodie

CD2
01 - L'Espoir fait Vivre
02 - Prenons le Large
03 - Tout ça me Tourmente
04 - Assez Parlé de Moi
05 - Buenos Aires
06 - Raté
07 - Lyon Presqu'île
08 - Mélancolique
09 - Reviens mon Amour
10 - Jaloux de Tout
11 - 15 Septembre

DVD - Live au Casino de Paris les 7 et 8 mai 2010
01 - Pour Écrire un seul Vers
02 - Tout ça me Tourmente
03 - Même si tu Pars
04 - Si tu suis mon Regard
05 - Night Shop
06 - Lyon Presqu'île
07 - Chère Inconnue
08 - Prenons le Large
09 - Ton Héritage
10 - Nuits Blanches
11 - Bien Avant
12 - La Superbe
13 - L'Espoir fait Vivre
14 - 15 Septembre
15 - À l'Origine
16 - Négatif
17 - Les Cerfs-Volants
18 - Padam

lundi 29 mars 2021

0699 - Les 50 Plus Belles Chansons


Un fort sympathique collègue (celui qui écoute des audio-books) m’a confié un travail à la fois intéressant et difficile. Nous parlons souvent sur le chemin du retour des cours, de musique et de cinéma notamment. Ce jour-là, je lui vantais les mérites des arrangements chez Gainsbourg, en particulier la façon dont il arrivait à faire sonner certaines de ses chansons comme de la pop anglaise. Il m’a alors demandé si je pouvais lui dire ce que je pensais, musicalement, d’une chanson de Brel, Mai 40, qu’il compte étudier avec ses élèves.

Évidemment, je ne connaissais pas la chanson. C’est un des cinq morceaux posthumes de Brel, sortis alors qu’il n’en était visiblement pas tout à fait satisfait. De Brel, je ne connais de toute façon pas 50 chansons, puisque je ne maitrise pas la totalité de cette espèce de triple best-of qu’est Les 50 Plus Belles Chansons (titre qui manque désespérément d’originalité).
Nous cherchions une compilation de Brel et, dans toutes celles dont nous avons consulté la tracklist, il manquait une chanson qui nous semblait indispensable. Nous nous étions donc rabattus sur ces 50 morceaux... sachant que 50 morceaux, c’est bien trop pour une compilation.
On retrouve donc tout (ou presque) du plus célèbre Belge de la chanson : le désespoir (Ne Me Quitte Pas), l’acteur qui aime jouer les benêts (Les Bonbons), l’ironie grinçante (Madeleine), la nostalgie (Le Plat Pays), le débit de mitraillette qui inspire les rappeurs (La Valse à Mille Temps), les tubes inattendus (Amsterdam). Et c’est là, que je m’aperçois qu’il manque Les Remparts de Varsovie sur cette compilation, pourtant pas la moins connue des chansons de Brel...

Pour ce qui est de Mai 40, tenter de décortiquer la chanson m’a énormément plu... même si j’ai probablement raconté n’importe quoi. J’ai fait de l’esbroufe... esbroufe n’est pas le bon mot, mes comparaisons avec Dylan, Radiohead ou Duke Ellington me sont venus assez naturellement... le financement de ma thèse en musicologie va logiquement être refusé. Dommage, voilà un métier qui me plairait, musicologue. Je me contenterai donc de vendre des disques.

Les 50 Plus Belles Chansons
Jacques Brel
Universal 2013

CD1
01 - Quand on a que l’Amour
02 - La Valse à mille Temps
03 - Les Flamandes
04 - Marieke
05 - Le Moribond
06 - On n’oublie rien
07 - Le Prochain Amour
08 - Les Prénoms de Paris
09 - Les Singes
10 - Isabelle
11 - Le Diable (ça va)
12 - Il nous faut Regarder
13 - Zangra
14 - Les Paumés du Petit Matin
15 - Une Île
16 - Les Bourgeois
17 - Madeleine
18 - Le Plat Pays

CD2
01 - Les Bonbons
02 - Bruxelles
03 - Les Vieux
04 - Le Dernier Repas
05 - Au Suivant
06 - Rosa
07 - Les Biches
08 - Je ne Sais Pas
09 - La Fanette
10 - Les Bigotes
11 - Mon Enfance
12 - Fils De
13 - La Chanson de Jacky
14 - Fernand
15 - Mathilde
16 - Ces Gens-Là
17 - Amsterdam (live Olympia 1966)

CD3
01 - Ne me Quitte Pas
02 - Jef
03 - Vesoul
04 - La Bière
05 - Je suis un Soir d’Été
06 - La Chanson des Vieux Amants
07 - J’Arrive
08 - Le Gaz
09 - L’Enfance
10 - La Quête
11 - La Ville S’Endormait
12 - Jaurès
13 - Orly
14 - Jojo 
15 - Les Marquises

mercredi 1 juin 2022

1128 - Isabelle Adjani


Quel suspense insoutenable… quel était donc ce disque écouté avant (la moitié de) Modern Life is Rubbish ? Voilà la question qui vous taraude depuis 24 heures… je me demande si vous avez pu dormir… et si oui, comment vous avez fait pour trouver le sommeil.

On peut acheter un disque pour sa couverture. On peut aussi acheter un disque pour sa photo de couverture. Je me souviens encore du jour où pré-ado, j’ai vu pour la première fois le clip de Pull Marine. Le clip en lui-même, signé Besson, est ridicule. En revanche… bref…

Pull Marine, immense chanson (malgré cet horrible vers « repêcher ta petite sardine » - quelle horreur) dont les arrangements n’ont étonnamment pas si mal vieilli, je l’avais déjà sur une compilation consacrée aux chansons de Gainsbourg interprétées par d’autres que lui-même. Ohio et Bowie Oui comme Bowie aussi je connaissais. Ou croyais connaître.

Ohio, par exemple, ça commence mal. L’introduction sent fort les mauvaises années 80. Et quand on lit le texte, sans musique, juste sur le papier, c’est nul. Et puis curieusement, ça marche. Le Nevada pour m’évader, en chanson, même si ça ne devrait pas, ça sonne bien…
Et Bowie Oui comme Bowie, j’en avais une mauvaise image, ça me semblait boiteux, en playback, dans des émissions de variétoche vues sur YouTube… mais, sur disque, les arrangements new-wave-disco-électronico-variétés qui évoquent à la fois le Bowie de Heroes ou celui de Let’s Dance, ça marche carrément. Surtout avec le morceau disco Le Bonheur c’est Malheureux qui suit. Et plus encore avec le Je T’Aime Idiot d’après.
On l’aura compris, c’est surtout la face B qui me plaît… suffisamment pour donner envie de réécouter et de ne pas me contenter de la photo de couverture. 

Isabelle Adjani
Isabelle Adjani
Philips 1983

A1 - Ohio
A2 - Entre Autre pas en Traître
A3 - Ok pour plus Jamais
A4 - D’un Taxiphone
A5 - C’est rien, je m’en vais, c’est Tout
A6 - Le Mal Intérieur
B1 - Beau Oui comme Bowie
B2 - Le Bonheur c’est Malheureux
B3 - Je T’Aime Idiot
B4 - Et Moi Chouchou
B5 - Pull Marine

mercredi 5 mars 2025

2136 - Play Blessures


Les derniers concerts à l’Olympia d’Alain Bashung, donnés quelques mois à peine avant son décès, font l’objet d’un album live qui sera publié début avril. Un premier extrait du disque, Malaxe, a été dévoilé il y a quelques jours. Envie de réécouter Fantaisie Militaire. Ce que j’ai fait dimanche midi après le footing, en attendant Natacha qui photographiait les cerisiers du jardin de l’évêché.

La setlist / tracklist annoncée fait la part belle à Fantaisie Militaire, plus grand succès critique et commercial de la carrière de Bashung et à Bleu Pétrole, son dernier album, celui auquel la tournée de 2008-2009 faisait suite. On retrouve également quelques grands succès, Vertige de l’Amour ou les morceaux phare de Osez Joséphine. En revanche, sauf erreur de ma part, aucune trace de Play Blessures, l’album concocté avec Gainsbourg.

Play Blessures (mon exemplaire est une réédition de 2002, augmentée de trois titres extraits d’une bande originale de film) eut mauvaise presse lors de sa sortie. Les critiques le moquèrent allègrement. Il est de nos jours, plus de 40 ans après son enregistrement, considéré comme un album-culte. Un pilier même du rock français. La vérité, à mon humble avis, se trouve quelque part entre ces deux extrêmes. Au niveau musical, c’est une franche réussite. Peu ont réussi à faire sonner aussi bien une new-wave - appelons ça ainsi - française. Le problème vient davantage du chant de Bashung qui semble se caricaturer, voix nasale et syllabes étirées.

Play Blessures
Alain Bashung
Barclay / Universal 1982 / 1992 / 2002

01 - C’est Comment qu’on Freine
02 - Scènes de Manager
03 - Volontaire
04 - Prise Femelle
05 - Martine Boude
06 - Lavabo
07 - J’envisage
08 - J’Croise aux Hébrides
09 - Junge Männer
10 - Trompé d’Érection
11 - Strip Now
12 - Bistouri Scalpel
13 - Procession

lundi 18 septembre 2023

1602 - Les Paradis Perdus

Nous n’en avions pas fini avec l’année 1973 et le hors-série des Inrocks consacré aux dix albums qui ont marqué l’année. Parmi ces dix disques, deux sont français. Dont Les Paradis Perdus de Christophe. Acheté mercredi en même temps que The Beatles et Jane Birkin - Serge Gainsbourg.

Jarre, un an avant Les Mots Bleus, est déjà de la partie et montre son talent à faire sonner la langue française comme peu y parvienne en chansons tout en collant parfaitement à la voix, la personnalité et l’univers de Christophe qui a entamé sa mue vers le personnage de dandy étrangement timide, artisan d’un son et d’atmosphères vaporeuses qu’il ne cessera de pétrir jusqu’à sa disparition, en 2020, emporté par la Covid.
Après une intro étrange, Avec l’Expression de mes Sentiments Distingués, sorte de medley-megamix avant l’heure où l’on entend Aline, Les Marionnettes et d’autres morceaux du passé, et en mettant de côté l’intermède de guitare - comme son nom l’indique - ce sont sept chansons aux intentions variées mais qui s’enchaînent extraordinairement que propose Les Paradis Perdus. D’où ressortent en particulier (pour l’instant, après trois écoutes) la chanson titre et Emporte-Moi. C’est surtout un album, je le sens, qui n’est pas prêt de s’épuiser, qui ne se laissera pas dompter totalement avant un bon moment. Le genre d’albums qui comptent. Et auxquelson aime revenir régulièrement.

Les Paradis Perdus
Christophe
Warner Music 2020

01 - Avec l’Expression de mes Sentiments Distingués
02 - Emporte-Moi
03 - Mama 
04 - Du Pain et du Laurier
05 - Mickey
06 - Les Paradis Perdus
07 - Intermède (Guitare)
08 - Le Temps de Vivre
09 - Ferrer Endormi

mardi 11 février 2020

0287 - Sea Change


Beck est peut-être le musicien - dans la catégorie rock et assimilés - actuel le plus passionnant. Qui d’autre que lui est capable de sortir avec le même brio des morceaux mêlant folk et hip-hop (l’hymne Loser), funk (Sexx Laws) ou indie-pop (Devil’s Haircut) tout en conservant une identité immédiatement reconnaissable ?

Un bémol cependant. Ses albums, que j’ai (presque) tous empruntés, un par un, à la médiathèque de Versailles, me semblaient un peu bancals. Trop bricolés. Foutraques. À côté de morceaux géniaux semblaient s’aligner essais et tentatives par toujours à la hauteur - peut-être faudrait-il que je les réécoute...
Jusqu’à ce que j’emprunte et écoute Sea Change. Beck Hansen - on a envie, après un tel album, de l’appeler par un nom comprenant plus d’une syllabe - avec ce disque, montre qu’il a tous les talents. Y compris celui d’écrire et d’arranger (il profite de l’occasion pour rendre hommage à Serge Gainsbourg et à Histoire de Melody Nelson à travers ses orchestrations, citant parfois littéralement, comme sur Paper Tiger, le maître français) douze ballades folk parfaites, sans loufoquerie ni bizzarrerie, douze chansons belles (et tristes aussi, il est vrai) à pleurer. Douze chansons qu’on ne peut qu’avoir envie d’écouter en boucle. Douze chansons à écouter le soir, au bord de la mer - puisque le titre nous le suggère.

Et si l’expression si galvaudée d’ « album de la maturité » prenait cette fois tout son sens ?

Sea Change
Beck
Geffen 2002

01 - The Golden Age
02 - Paper Tiger
03 - Guess I'm Doing Fine
04 - Lonesome Tears
05 - Lost Cause
06 - End of the Day
07 - It's all in your Mind
08 - Round the Bend
09 - Already Dead
10 - Sunday Sun
11 - Little One
12 - Side of the Road