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dimanche 9 février 2020

0285 - Dry


Comme je le disais hier, mes voisins du dessus sont des connards égoïstes. Du genre à ne penser qu'à leur gueule et à ne pas accepter de la part des autres la moitié de ce qu'ils font eux-mêmes.
Faire une lessive ou faire tourner le sèche-linge à 23 heures passées, rentrer de vacances en pleine nuit et réveiller tout l'immeuble en foutant un bordel monstre dans l'escalier, laisser leurs enfants transformer l'appartement en gymnase ou stade d'athlétisme, marcher avec des sabots sur le plancher, tout ceci est absolument normal.
En revanche faire dix minutes de guitare électrique un dimanche soir - dimanche dernier - à 19 heures est intolérable et mérite qu'on vienne sonner à ma porte. J'étais loin d'avoir exagéré pourtant. Nous avions probablement écouté Kula Shaker en début d'après-midi. À un niveau sonore élevé mais tel qu'on arrivait encore à se parler dans la pièce où la musique était diffusée - raisonnable donc. Puis j'avais allumé le téléviseur pour regarder un peu de Premier League - à volume sonore assez bas. Quand je me suis mis à jouer, Natacha était partie depuis vingt ou trente minutes, le silence régnait dans l'appartement depuis près d'une heure.
Dix minutes, disais-je. Douze, grand maximum. Et encore, j'avais commencé en douceur, à bas volume, avec très peu de distorsion, par Cold Little Heart. J'étais ensuite passé à quelque chose d'un peu plus violent avec une version assez crade du début de Trying your Luck des Strokes. C'est quand j'ai commencé à travailler une nouvelle interprétation toute personnelle de To Bring You My Love (la chanson, extraite de l'album éponyme - dans ce cas, je crois que le mot éponyme est pertinent) de PJ Harvey, version pour laquelle j'avais besoin d'un peu de consistance sonore, que les choses se sont visiblement gâtées... je n'avais pourtant même pas commencé à chanter...

Et vous savez quoi ? Je suis rancunier... et mesquin...
Je ne leur souhaite pas, à mes voisins du dessus, que je gagne à l'Euromillions ce soir (j'écris ceci vendredi) ou tout autre soir. J'aurai alors largement de quoi payer quelques amendes pour tapage diurne voire nocturne et ils comprendront leur douleur - Natacha souffrira aussi mais elle serrera les dents, elle sait que la vengeance est à ce prix - quand j'apprendrai à (mal, très mal) jouer l'intégrale de Dry de PJ Harvey. Plus violent, plus brut, plus punk, plus crié, plus tordu, plus vif, plus énervé, plus déchirant, plus énervant, plus rugueux, plus douloureux que son successeur évoqué plus haut. Je prendrai tout mon temps avant de trouver l'appartement parfait en dernier étage à Paris et de déménager... temps que j'occuperai à faire le plus de bruit possible... avec l'aide de PJ, de Kurt, de Crispian et de tous ceux qui voudront bien me prêter assistance dans cette mission...

Dry
PJ Harvey
Too Pure 1992

01 - Oh my Lover
02 - O Stella
03 - Dress
04 - Victory
05 - Happy and Bleeding
06 - Sheela-Na-Gig
07 - Hair
08 - Joe
09 - Plants and Rags
10 - Fountain
11 - Water

jeudi 21 décembre 2023

1696 - Stories from the City, Stories from the Sea


Arte replay. J’ai regardé le concert de PJ Harvey à l’Olympia. En deux fois. Dimanche et mercredi. Pas réussi à tout regarder d’un coup. Trop déroutant. Trop à l’opposé de ce que je croyais connaître de Polly Jean. Des espèces de chorégraphie. Des saynètes dans lesquelles Pie de Geai s’installe à son bureau, s’assoit sur un banc, boit le thé. Un concert-théâtre au déroulé millimétré, loin de la spontanéité que l’on attend a priori d’un concert rock. Les simagrées ne s’arrêtent que lorsque l’Anglaise se retrouve avec une guitare dans les mains… sans que l’impression d’une prestation figée ne se dissipe tout à fait.
PJ n’en est pas à son coup d’essai en matière de bizarreries. Elle a toujours eu un côté très arty. Un de ses albums a ainsi été enregistré derrière un miroir sans tain, des spectateurs étant invités à suivre la « performance » sans pour autant déranger l’avancée du travail. Ça m’a tout de même mis un peu mal à l’aise ce mélange des genres. Sentiment ambigu.
Très déçu par le spectacle qui pourtant m’a donné envie de me remettre à essayer d’écrire des chansons (p****n, j’ai pas le temps pour ça, j’avance déjà pas sur le reste) et de me replonger dans la carrière de PJ Harvey, savoir comment on en est arrivé là. Et découvrir d’autres facettes à la folle furieuse. Et pour approfondir mes connaissances, j’ai acheté Stories from the City, Stories from the Sea, son cinquième album, considéré par une bonne partie de la critique comme son chef d’œuvre.

Stories from the City, Stories from the Sea
PJ Harvey
Island Records 2000

01 - Big Exit
02 - Good Fortune
03 - A Place Called Home
04 - One Line
05 - Beautiful Feeling
06 - The Whores Hustle and the Hustlers Whore
07 - This Mess We’re In
08 - You Said Something
09 - Kamikaze
10 - This is Love
11 - Horses in my Dreams
12 - We Floating

dimanche 21 juillet 2019

0082 - To Bring You My Love


Vers 2005-2006, j'ai essayé d'écrire des chansons. Seul dans ma chambre d'étudiant, armé de ma guitare, de cinq accords, d'un stylo, d'une feuille et de mon anglais approximatif. Je garde à l'abri, caché, (et j'essaye de totalement oublier) le résultat.
Un jour, en explorant le manche de ma guitare, j'ai trouvé un riff. Un bon riff.
Évidemment je me assez suis vite rendu compte que de ce riff, je n'en étais pas l'auteur. Je n'avais fait que le "retrouver" sur ma guitare mais je l'avais déjà entendu. C'était celui de To Bring You My Love, morceau d'ouverture de l'album de PJ Harvey du même nom.

Après avoir ainsi été pour la première fois victime de plagiat par anticipation (cela devait malheureusement se reproduire dans ma "carrière" de "créateur"), j'ai entendu ce riff partout. Dans mes pas qui résonnaient dans les couloirs vides, dans le reste de musique et de conversation qui s'échappait de chez les voisins à travers le mur, dans le tic-tac de ma montre, j'entendais ces six notes égrenées sur les cordes de la et de mi. Tout, absolument sonnait comme ces six notes.

A -----------------------3---5~
E ----3---1---3---5------------

Malheureusement, ça m'est passé...

J'ai découvert PJ Harvey en vrac, d'un coup, en septembre 2003, en fouillant dans l'ordinateur du gars qui me logeait pendant une semaine en arrivant en école (j'avais bien entendu sa bénédiction). J'ai donc écouté pour la première fois Rid of Me, To Bring you my Love et Dry en même temps...

To Bring you my Love montre une Polly Jean (la magie des initiales, Pidjay ça sonne mieux que polidjine... comme JMG sonne mieux que Jean Marie Gustave ou MLM mieux que Maurice Léon Maurice) en totale liberté, façonnant des morceaux aux structures plutôt simples et linéaires sur lesquels elle se livre complètement, dévoilant une personnalité aux multiples facettes, passant d'une émotion à l'autre sans transition, de la colère à la détresse, de la supplication aux envies de combat. Elle crie, elle chuchote, elle force sa voix dans les graves, pousse dans les aigus, elle marmonne, elle explose... une folle furieuse prête à dévorer tout sentiment tiédasse pour le régurgiter et le transformer en passion incandescente...
Quand le lead single d'un album sonne comme Down by the Water, il ne faut de toute façon pas s'attendre à des demi-mesures... on n'en ressort pas indemne...
To Bring You My Love
P J Harvey
Island Records 1995

01 - To Bring You My Love
02 - Meet Ze Monsta
03 - Working For The Man
04 - C'Mon Billy
05 - Teclo
06 - Long Snake Moan
07 - Down by the Water
08 - I Think I'm a Mother
09 - Send his Love to Me
10 - The Dancer

samedi 31 août 2024

1950 - The Hope Six Demolition Project


Parfois, je découvre que je ne suis pas seul. Peu après l’acquisition de Is This Desire ?, je me décidai à poursuivre la complétion de ma collection de disques de PJ Harvey avec les albums The Hope Six Demolition Project et Let England Shake, recensés peu avant par mes soins dans les bacs de Point Show.

Let England Shake, le jour où j’ai acheté Yellow Submarine et Rubber Soul, manquait à l’appel. À mon grand étonnement, je ne suis donc pas seul à acheter à Limoges des albums de PJ Harvey vieux de plusieurs années - voire de 12 ans dans le cas de Let England Shake.

Je me suis donc contenté de The Hope Six Demolition Project, quelques jours avant de partir à Corseul. Et peut-être, probablement même, était-ce bien suffisant tant cet album paraît riche. Musicalement. Politiquement. Celui-ci seul, je n’ai pas eu le temps, loin de là, d’en faire le tour. Alors, si j’en avais eu deux d’un coup…

The Hope Six Demolition Project
PJ Harvey
Island 2016

01 - The Community of Hope
02 - The Ministry of Defence
03 - A Line in the Sand
04 - Chain of Keys
05 - River Anacostia
06 - Near the Memorials to Vietnam and Lincoln
07 - The Orange Monkey
08 - Medicinals
09 - The Ministry of Social Affairs
10 - The Wheel
11 - Dollar, Dollar

jeudi 14 décembre 2023

1689 - 4-Track Demos



Je m’interrogeais il y a peu si j’étais encore capable d’écouter du PJ Harvey, celle des débuts. Et de mettre Rid of Me sur la platine. La réponse fut simple : oui, sans problème. Et j’ai enchaîné, le lendemain ou le sur- avec 4-Track Demos (acheté en même temps que mes autres disques de PJ, probablement), qui réunit les démos dudit album. La version encore plus sauvage et libre d’un album déjà pas bien carré. Où l’on a l’impression de suivre la Polly Jean chez elle pour l’écouter hurler sans chichi ses dernières trouvailles. Ne reste qu’une seule question à l’issue des 14 titres : pourquoi s’emmerder à aller en studio pour enregistrer un album et ne pas avoir publié uniquement ces démos enregistrées sur 4 pistes ?

4-Track Demos
PJ Harvey
Island Records 1993

01 - Rid of Me
02 - Legs
03 - Reeling
04 - Snake 
05 - Hook
06 - 50ft Queenie
07 - Driving
08 - Ecstasy
09 - Hardly Wait
10 - Rub ‘til it Bleeds
11 - Easy
12 - M-Bike
13 - Yuri-G
14 - Goodnight 

lundi 12 août 2024

1931 - Is This Desire ?


Le numéro 2 des fascicules Tribu[te] (avril 99) dont j’ai déjà parlé plusieurs fois était consacré à Tom Waits et aux « Inclassables ». Étrange idée dès le numéro 2 d’une série supposée aborder à chaque numéro un nouveau courant du rock de s’attaquer à ceux qui ne se raccrochent à aucun mouvement… 25 ans après, je n’avais jusqu’alors que peu exploré les disques ici présentés.
Je m’y attelle donc sérieusement et commence par le plus simple : PJ Harvey dont je possède déjà plusieurs albums. Celui proposé dans le fascicule était Is This Desire ? que je ne connaissais pas encore. Un album moins violent que les précédents, idéal pour découvrir l’univers de Polly Jean. Moins brut, peut-être, moins violent, si on veut… mais pas moins rugueux et pas moins vénéneux. PJ hurle moins certes mais ne semble pas beaucoup plus saine d’esprit. Aurais-je trouvé l’univers de l’Anglaise plus facile à explorer si j’avais commencé par là ? Rien n’est moins sûr.

Is This Desire ?
PJ Harvey
Island Records 1998

01 - Angelene
02 - The Sky Lit Up
03 - The Wind
04 - My Beautyful Leah
05 - A Perfect Day Elise
06 - Catherine
07 - Electric Light
08 - The Garden
09 - Joy
10 - The River
11 - No Girl So Sweet
12 - Is This Desire ?

mercredi 16 juillet 2025

2269 - I Inside the Old Year Dying


Le concert de PJ Harvey vu sur Arte Replay (cf.) me trotte encore dans la tête. Je n’ai pas envie de le revoir… et d’un autre côté… à la FNAC, ce jeudi après-midi, j’ai trouvé l’album I Inside the Old Year Dying dans un bac à soldes. C’est à ce disque que ledit concert faisait suite.

Je ne sais si l’écoute du disque lève toutes les ambiguïtés, si toutes mes questions trouvent réponse. Ou s’ils en suscitent davantage.

Musicalement, mélodiquement et instrumentalement, c’est fascinant, à la fois beau et mystérieux, avec ce qu’il faut de grincements et dérapages contrôlés… mais du côté des textes… je dois avouer que je ne comprends pas grand chose. Même avec le livret en main. Même avec le dictionnaire inclus dans celui-ci pour traduire les mots gallois ou d’ancien anglais ou de je ne sais de quelle langue il s’agit. Étrange impression d’avoir à se poser au bureau, feuille devant soi et stylo en main pour arriver à tirer un sens de paroles de chansons.

I Inside the Old Year Dying
PJ Harvey
Partisan Records 2023

01 - Prayer at the Gate
02 - Autumn Term
03 - Lwonesome Tonight
04 - Seem an I
05 - The Nether-edge
06 - I Inside the Old Year Dying
07 - All Souls
08 - A Child’s Question, August
09 - I Inside the Old I Dying
10 - August
11 - A Child’s Question, July
12 - A Noiseless Noise

dimanche 19 novembre 2023

1664 - Rid of Me


Il y a longtemps que je n’ai pas écouté PJ Harvey. Je me demande si je suis encore capable de supporter la folle furieuse qu’elle était il y a 30 ans - pour ma part j’ai acheté Rid of Me comme Dry et To Bring You my Love il y a une vingtaine d’années. À l’image de Nick Cave, elle s’est sacrément calmée depuis, créant une œuvre moins violente mais jamais banale.

Rid of Me
PJ Harvey
Island Records 1993

01 - Rid of Me
02 - Missed
03 - Legs
04 - Rub ‘til it Bleeds
05 - Hook
06 - Man-Sized Sextet
07 - Highway ‘61 Revisited
08 - 50 ft Queenie
09 - Yuri-G
10 - Man-Size
11 - Dry
12 - Me-Jane
13 - Snake 
14 - Ecstasy 

mardi 13 avril 2021

0714 - I Might Be Wrong - Live Recordings


Nous avons commencé ce week-end à regarder la troisième saison de la série Peaky Blinders - j’ai déjà parlé de la série. Deux épisodes. Avec une petite surprise musicale. Entre les Nick Cave et P.J. Harvey désormais habituels, se sont glissés les Oxfordiens de Radiohead - je ne les attendais pas là. Encore moins avec des morceaux de Amnesiac : la splendide You and Whose Army ? dans le premier épisode et I Might be Wrong et son riff entêtant dans le second. Gageons que Dollars and Cents interviendra bientôt. Si la tristement sublime (ou plutôt sublimement (barbarisme) triste) Life in a Glasshouse résonne des manœuvres de Thomas Shelby au cours des quatre épisodes qui suivent, je ne réponds plus de rien.

Ça m’a donné envie de réécouter l’album. Ce que j’ai fait ce matin. Toujours aussi étrange, cet album. Toujours aussi peu équilibré, entre immenses réussites (You and Whose Army ?, Pyramid Song, Life in a Glasshouse...) et morceaux qui me laissent pantois (Packt like Sardines in a Crushd Tin Box, Pull / Pulk Revolving Doors, Hunting Bears).
J’ai enchaîné avec I Might Be Wrong - Live Recordings, e.p. compilant des enregistrements en concert de morceaux extraits de Kid A et Amnesiac (et concluant ainsi en beauté la trilogie tournant des vingt- et vingt-et-unième siècles du groupe de Johnny Greenwood) ainsi qu’un inédit, la ballade True Love Waits dont une version studio n’émergera que quinze ans plus tard sur A Moon Shaped Pool, juste après le divorce de Thom Yorke...

Pour avoir écouté plusieurs bootlegs de la tournée, je peux assurer que les enregistrements sélectionnés sur I Might be Wrong - Live Recordings ont été excellemment bien choisis, si vous voyez ce que je veux dire. Intensité incroyable qui ne sacrifie à aucun moment à la musicalité. Versions suffisamment différentes des versions studio (Like Spinning Plates est jouée et chantée à l’endroit...). Tracklist qui évite les morceaux trop casse-gueule... on pourrait presque faire le reproche inverse : peu de prise de risques dans le choix.

Un défaut ? J’insiste : j’adore You and Whose Army ?... et c’est une chanson qui prend une ampleur plus folle encore sur scène.

I Might Be Wrong - Live Recordings
Radiohead
Parlophone 2001

01 - The National Anthem
02 - I Might Be Wrong
03 - Morning Bell
04 - Like Spinning Plates
05 - Idioteque
06 - Everything in its Right Place
07 - Dollars and Cents
08 - True Love Waits

samedi 19 novembre 2022

1299 - Murder Ballads


Hier soir, aux alentours de dix heures moins dix - à ne pas confondre avec l’heure du volant - Grace venait d’achever son voyage vers Dream Brother. Trop tôt pour me coucher malgré les protestations de Natacha qui, à juste titre, prétendait qu’il n’y a pas d’heure pour aller au lit, il suffit d’être fatigué - c’était son cas. Enchaînement difficile que celui de Jeff Buckley. J’ai choisi Murder Ballads de Nick Cave accompagné de ses Mauvaises Graines - que Warren Ellis n’avait pas encore rejointes. Que j’ai écouté allongé sur ma planche de fakir.
Murder Ballads fut mon premier Nick Cave. J’en avais emprunté un exemplaire à la bibliothèque de la Robertsau, bibliothèque de quartier de Strasbourg, il y a vingt ans au moins. Un album où Nick, plus que jamais, se fait conteur d’histoires sordides, prenant tout le temps nécessaire (O’Malley’s Bar atteint le quart d’heure) pour dérouler ses récits de sexe et de sang qui se terminent par une reprise (ironique ?) de Dylan Death is not the End. Un album aux invités prestigieux : PJ Harvey, Shane McGowan, Kylie Minogue. Un album avec (rareté, chez Nick) un vrai (mini- ?) tube, Where the Wild Roses Grow. Un album loin d’être parfait - écriture un peu trop forcée pour être complètement honnête, chant bourré de tics - mais qui constitue une des meilleures entrées dans l’univers de l’Australien gavé de country-folk américain. Et le disque parfait pour les adultes qui aiment toujours qu’on leur raconte une histoire avant d’aller dormir.

Murder Ballads
Nick Cave and the Bad Seeds
Mute 1996

01 - Song of Joy
02 - Stagger Lee
03 - Henry Lee
04 - Lovely Creature 
05 - Where the Wild Roses Grow
06 - The Curse of Millhaven
07 - The Kindness of Strangers
08 - Crow Jane
09 - O’Malley’s Bar
10 - Death is not the End

jeudi 15 mai 2025

2207 - L’Argot du Bruit


Quel magnifique titre d’album (et de morceau). L’Argot du Bruit. Quelle belle trouvaille. Quelle belle illustration de couverture, aussi, superbe.

Trouver un exemplaire en état convenable de ce disque vanté dans le fascicule Tribu[te] sur « Tom Waits et les Inclassables » n’a pas été une sinécure. Je n’ai pu dénicher (il y a une paire de mois) qu’un exemplaire remis à neuf - comme si ça voulait dire quelque chose - preuve que le disque n’a pas été publié à grand tirage mais qu’il s’est vite retrouvé épuisé, ce qu’on appelle habituellement un disque culte.

Inclassable, Pascal Comelade, à l’écoute de L’Argot du Bruit - et, probablement, de ses autres opus - l’est assurément. On ne sait pas trop à quoi on a affaire. Rock déglingué ? Musique catalane subversive ? Jazz-blues cradingue ? Un peu de tout ça mélangé et enchaîné et joué sur des instruments en plastique ? Cette suite d’instrumentaux qui se pervertissent parfois en acceptant des paroles (notamment les deux titres avec l’invitée PJ Harvey) ne cesse de dérouter et d’intriguer. N’est-ce pas tout ce qu’on est en droit d’attendre d’un disque ? Notamment d’un disque avec un si bon titre.

L’Argot du Bruit
Pascal Comelade
Les Disques du Soleil et de l’Acier / Delabel 1998

01 - L’Argot du Bruit
02 - Via-Crucis del Rocanrol
03 - The Sad Skinhead
04 - Domisiladoré
05 - Marie = Un Faux-Cil dans la Transmission
06 - Love too Soon
07 - Le Soir du Grand Soir
08 - Teresa
09 - Si
10 - La Cuisson de vos Cuisses
11 - Green Eyes
12 - Sardana dels Desemparats
13 - Toti al Soler
14 - Maruxiña
15 - Le Grand Pianonaniste

samedi 1 février 2025

2104 - A Secret Life


Sur le bandeau d’actualités du site du Monde, juste avant d’aller me coucher, jeudi soir, après avoir regardé pour la vingtième ou trentième fois (pour moi), quatre ou cinquième fois (pour Natacha), À la Poursuite d’Octobre Rouge, deux très mauvaises nouvelles pour la musique.

La première, le décès de Marianne Faithfull. Dont je ne prétends pas maîtriser la complète discographie, loin de là. Je ne possède qu’un exemplaire de A Secret Life, album de 1995 acheté il y a deux mois, près de 30 an après sa publication, plus de 25 ans après que ses mérites ont été vantés dans le fascicule Tribu[te] d’avril 99 consacré à Tom Waits et aux « Inclassables » dans lequel on retrouvait aussi des albums de PJ Harvey, Nick Cave, Mark Hollis, Tortoise, Can, Captain Beefheart, Beck, Björk, Robert Wyatt… - excellente compagnie : je n’ai pas tous les disques conseillés dans la vingtaine de pages mais je m’y emploie… très bel album que ce A Secret Life. Et très loin de ce  quoi je m’attendais.

La seconde, le choix de Louane pour représenter la France à l’Eurovision. Bof, on s’en fout, ça fait longtemps que l’Eurovision ce n’est plus de la musique.


A Secret Life
Marianne Faithfull
Island 1995

01 - Prologue
02 - Sleep
03 - Love in the Afternoon
04 - Flaming September
05 - She
06 - Bored by Dreams
07 - Losing
08 - The Wedding
09 - The Stars Line Up
10 - Epilogue

lundi 16 novembre 2020

0566 - Let Love In


Nous avons fini hier soir de regarder la première saison de Peaky Blinders, série britannique qui suit une famille de mafieux (le terme n’est peut-être pas très bien choisi... ce ne sont pas des italiens) dans le Birmingham du sortir de la première guerre mondiale.
Décors urbains magnifiques de laideur (que de boue...), fringues splendides, coupes de cheveux discutables (sauf pour Cillian Murphy : il n’est pas impossible que, la prochaine fois que j’irai chez un coiffeur, j’y présente sa photo en Tommy Shelby, rôle principal de la série), rivalités de clans, retournements d’alliances, accès de violence (superbe scène au cours de laquelle un membre de l’IRA se fait écraser la tronche à coups de crachoir), scènes de sexe plus suggestives qu’explicites (on n’est pas chez HBO), bande originale impeccable.

Cette dernière est étrangement peu britannique. Il me semble avoir, entre autres, reconnu la voix de Jack White lors d’un épisode. Et un plagiat étrange de House of the Rising Sun en conclusion de la saison. Il semble (je ne les ai bizarrement pas reconnus) que Dan Auerbach et PJ Harvey ont également été de la partie ou le seront sous peu... mais celui qui se taille la part du lion, c’est Nick Cave. Dont plusieurs morceaux hantent la série. Et dont la chanson Red Right Hand a été choisie comme générique.

Red Right Hand est tirée de Let Love In, album de 1994 (j’en possède un édition remasterisée de 2011). Un album de fou. Comme l’est Nick Cave. Comme le sont les Bad Seeds qui l’accompagnaient à l’époque. Textes hallucinatoires scandés, chantés, marmonnés parfois hurlés. Instrumentation qui lorgne à la fois vers une musique de cabaret décadent et vers un punk sans-concession. Boucles répétitives de piano qui laissent soudainement place à des décharges électriques de guitares.
Quand Nick Cave demande Do You Love Me ?, on n’ose certainement pas répondre non. Quand il chante Red Right Hand, on tremble même si on ne comprend pas tout ce qu’il raconte. Et quand il psalmodie I Let Love In, on se demande ce que ça donnerait dans le cas contraire... on en ressort lessivé... et revigoré à la fois. 

Bon, désormais, il va falloir emprunter à la médiathèque la saison 2. En attendant, on a commencé Top of the Lake... autre ambiance... bien plus déprimante.

PS : Désolé pour ceux qui ont cherché en vain le billet de ce matin... mauvaise heure programmée...

Let Love In
Nick Cave and the Bad Seeds
Mute 2011

01 - Do You Love Me ?
02 - Nobody’s Baby Now
03 - Loverman
04 - Jangling Jack
05 - Red Right Hand
06 - I Let Love In
07 - Thirsty Dog
08 - Ain’t Gonna Rain Anymore
09 - Lay Me Low
10 - Do You Love Me ? (Part 2)

vendredi 24 mai 2019

0024 - It's A Wonderful Life


Une chanson (la fabuleuse Gold Day) entendue sur un sampler, une critique élogieuse lue dans Rock'n'Folk, il ne m'en a pas fallu plus pour acquérir It's a Wonderful Life - je me le suis fait offrir, pour être plus précis.

C'est un album incroyablement beau. Triste, certes. Très triste même. Mais d'une beauté irrésistible.
Les chansons fragiles, aux arrangements délicats d'où s'échappent de petits motifs électroniques, alternent avec les morceaux plus rugueux pour lesquels l'ambiance se fait plus saturée. La production, assurée par Dave Fridman (bassiste et producteur, entre autres, de Mercury Rev), équilibre sans artifice cet ensemble à première vue hétéroclite.
La voix à la fois grave et douce, presque monocorde de feu Mark Linkous (disparu en 2010) est accompagnée, enrichie, de celles d'invités aussi prestigieux que PJ Harvey, Nina Persson et Tom Waits.

Tout dans cet album est une question d'harmonie entre douceur et violence, entre espoir et abandon, entre douleur et beauté : l'album d'un homme qui avait été déclaré cliniquement mort (d'une overdose médicamenteuse à la suite d'une dépression) deux ans auparavant mais était revenu nous affirmer que cette vie était merveilleuse. À l'écouter, on a envie de le croire.

It's a Wonderful Life
Sparklehorse
Capitol 2001

01 - It's a Wonderful Life
02 - Gold Day
03 - Piano Fire
04 - Sea of Teeth
05 - Apple Bed
06 - King of Nails
07 - Eyepennies
08 - Dog Door
09 - More Yellow Birds
10 - Little Fat Baby
11 - Comfort Me
12 - Babies on the Sun

jeudi 29 février 2024

1766 - The Boatman’s Call


Je savais que je n’avais pas d’édition de The Boatman’s Call  de Nick Cave & The Bad Seeds dans ma collection. Et je savais que c’était un manque, un gros. Pourtant, chez Point Show, il y a un mois environ, en consultant la liste des titres au dos de la pochette de cette réédition vinyle datant soit-disant de 2016, j’ai eu un doute. Vraiment, je ne l’ai pas cet album ? Et j’ai mesuré que le manque à ma collection était immense. Car la liste des titres est absolument hallucinante. Que de classiques du répertoire de l’Australien. Des chansons que j’ai entendues des dizaines de fois - sur des albums live notamment - mais dont je ne possédais visiblement pas la version originale.
Presque un album solo par moments tant l’accompagnement du piano et de la voix de Nick Cave se fait discret. Il y chante la fin de sa relation avec PJ Harvey - quel couple fantastique… ou effrayant… - sans pathos ni colère. Presque religieusement. Comme une prière qu’il sait qu’elle ne sera exaucée mais dont s’acquitte jusqu’au terme, parce que c’est ainsi qu’un artiste réagit à la perte… un album d’une grande beauté.

The Boatman’s Call
Nick Cave & The Bad Seeds
Mute 2016

A1 - Into my Arms
A2 - Lime Tree Arbour
A3 - People ain’t no Good
A4 - Brompton Oratory
A5 - There is a Kingdom
A6 - (Are You) The One I’ve Been Waiting For ?
B1 - Where do we Go Now but Nowhere ?
B2 - West Country Girl
B3 - Black Hair
B4 - Idiot Prayer
B5 - Far From Me
B6 - Green Eyes

mardi 10 août 2021

0833 - Rock & Folk Monster CD n°7


Je suis pas sûr que le squelette hendrixien de la couverture soir du meilleur goût… à part ça, bof, mouais, pas envie de dire grand chose… j’ai suffisamment levé les yeux au ciel et haussé les épaules en lisant certains titres des chansons ou noms de groupe…

Rock & Folk Monster CD n°7
Juillet 2004

01 - Who the Fuck ? (PJ Harvey)
02 - Wow (Snow Patrol)
03 - If Jesus Drove a Motor Home (Jim White)
04 - He can go, you can’t Stay (The Singles)
05 - Leave you Wanting More (Sluts of Trust)
06 - Sucker Train Blues (Velvet Revolver)
07 - Enchanted (Katy Rose)
08 - Down on Me (Motörhead)
09 - Party the Baby Off (The Icarus Line)
10 - Stupid Ones (The Blueskins)
11 - This is not a Love Song (Nouvelle Vague)
12 - Girls Best Friend (The Datsuns)
13 - Bangkok (Alex Chilton)
14 - Get There (Hoggboy)
15 - The Marshals are Dead (Bloc Party)
16 - Heart (Sporto Kantes)
17 - Bored on Pills (The Hatepinks)
18 - L’Art Délicat de Passer pour un Con (Tété)
19 - Purple Haze (Live in Sweden 1967) (Jimi Hendrix)
20 - Why (Donna Regina)

lundi 25 septembre 2023

1609 - Live at the Royal Albert Hall


Nick Cave vient de publier un album live de la tournée Carnage, vient d’achever un album avec ses mauvaises graines - à paraître d’ici quelques semaines / mois - et a sorti un livre d’entretiens salué par la critique internationale (la traduction française est déjà disponible). Sans compter tous les objets (certes pas tous intéressants) proposés uniquement sur le site officiel de l’Australien. Ce n’est pas de cette façon que je vais parvenir à compléter ma collection à laquelle il manque encore plusieurs albums et plus encore de e.p. et singles…

Le Live at the Royal Albert Hall, enregistré sur deux concerts en 1997, était, à l’origine, prévu pour être le disque bonus d’un best-of publié en 1998. Pour des raisons obscures, le mixage ne faut pas terminé à temps et l’album fut finalement publié dix ans plus tard. Je l’ai acheté sans l’avoir écouté au préalable, sur Rakuten. C’est un disque un peu décevant. Typique des best-of live, trop proche d’une simple compilation. Les versions proposées sont bien sages, peu éloignées des versions studio (si on excepte l’absence de PJ Harvey et de Kylie Minogue sur, respectivement, Henry Lee et Where the Wild Roses Grow). Les chansons ne sont pas réinventées. C’est parfait pour qui ne connaît que peu le groupe. Frustrant pour qui cherche la perle rare.

Live at the Royal Albert Hall
Nick Cave & the Bad Seeds
Live Here Now / Mute ????

01 - Lime Tree Arbour
02 - Stranger than Kindness
03 - Red Right Hand
04 - I Let Love In
05 - Brompton Oratory
06 - Henry Lee
07 - The Ship Song
08 - Where the Wild Roses Grow
09 - People ain’t no Good
10 - Do You Love Me ?
11 - Far from Me
12 - The Mercy Seat

dimanche 29 août 2021

0852 - Rock & Folk Monster CD n°3


On est rentrés de vacances il n’y a pas longtemps… on a encore des courses à faire… on se contente de recopier une liste de chansons sans réfléchir…

Rock & Folk Monster CD n°3
Rock & Folk 2003

01 - We Used to be Friends (The Dandy Warhols)
02 - Coming in Wave (The Possibilities)
03 - Hitting the Ground (Gordon Gano feat. PJ Harvey)
04 - My Guitar (Sonny Vincent) 
05 - Dirty Sticky Floors (Dave Gahan)
06 - Commerce, Tx (Ben Kweller)
07 - You Know Who Your Friends Are (The Pretenders)
08 - Hey Satan, You Rock (Therapy ?)
09 - The Drifter (David Poe)
10 - Molly’s Chambers (Kings of Leon)
11 - She’s White (Electric Six)
12 - She’s Dead (White Hassle)
13 - Orange (Whirlwind Heat)
14 - Any Other Girl (NU)
15 - J’aime Pas (Oberkampf)
16 - Avec Toi (Stephan Eicher)
17 - I’ll Make you Mine (Tiger Man)
18 - Vampiring Again (Califone)
19 - Dude (Shilf)
20 - Crazy Love (Colder)

dimanche 14 août 2022

1202 - 20 Ans - 100 Chansons : 1991 - 1996


Plus encore que pour le CD1, nous avons un autre enregistrement de la plupart des chansons compilées sur le CD2 (consacré aux années 1991-1996) du coffret 20 Ans - 100 Chansons des Inrockuptibles. Ça n’empêche pas d’écouter de temps à autre le disque et de redécouvrir ces chansons que l’on connaît tant. Redécouvrir, oui. Car Wonderwall d’Oasis - exemple pris au hasard ou presque - n’est pas la même suivant qu’elle est précédée de Roll with It, The Importance of Being Idle ou de Caught by the Fuzz de Supergrass, n’est pas la même si elle est suivie de Round are Way ou de Born Slippy d’Underworld. Born Slippy est d’ailleurs l’autre bonne raison de passer ce disque : on ne l’a pas ailleurs, celle-ci… il faut que je pense à acheter la b.o. de Trainspotting un jour.

20 Ans - 100 Chansons : 1991- 1996
Les Inrockuptibles 2006

01 - Sheela Na Gig (PJ Harvey)
02 - Loaded (Primal Scream)
03 - Jump Around (House of Pain)
04 - Glory Box (Portishead)
05 - O Paul (Palace Brothers)
06 - Tonight we Fly (The Divine Comedy)
07 - Loser (Beck)
08 - Rock Star (Hole)
09 - Undone (The Sweater Song) (Weezer)
10 - Dream Brother (Jeff Buckley)
11 - Karma Coma (Portishead Experience) (Massive Attack)
12 - Common People (Pulp)
13 - Le Courage des Oiseaux (Dominique A)
14 - Caught by the Fuzz (Supergrass)
15 - Wonderwall (Oasis)
16 - Born Slippy (Nuxx) (Underworld)
17 - Runnin (The Pharcyde)
18 - Frank Sinatra (Cake)