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dimanche 29 mars 2020

0334 - This is Your Bloody Valentine


Il ne faut pas se fier à la date. Ce disque n’est qu’une réédition. L’original date de 1985.

Ne pas se fier non plus au nom du groupe. Quand j’ai acheté ce disque, je pensais acheter un disque de My Bloody Valentine, le groupe responsable de l’excellent Loveless. Erreur... il s’agit en fait d’un My Bloody Valentine antérieur... un My Bloody Valentine extrêmement différent... un My Bloody Valentine dans lequel le génie (oui, génie) Kevin Shields n’était pas encore un dictateur artistique omnipotent (ni même déjà le chanteur principal du groupe - un certain Dave Conway était titulaire du poste), dans lequel il n’y avait pas de bassiste attitré, dans lequel l’égalité des sexes n’était pas encore établi, un My Bloody Valentine qui n’allait pas tarder à changer la moitié de sa composition (seul Kevin Shields et le batteur Ó Cíosióg seront encore là trois ans plus tard pour Isn’t Anything, première pépite du groupe). Surtout c’était un My Bloody Valentine loin du shoegazing mais encore englué dans une espèce de post-punk gothique lourdaud...

Sans intérêt... si ce n’est comme preuve qu’il faut parfois beaucoup de temps avant de trouver sa voie... qui en doutait ?

This is Your Bloody Valentine
My Bloody Valentine
Dossier Records 1990

01 - Forever and Again
02 - Homelovin’ Guy
03 - Don’t Cramp my Style
04 - Tiger in my Tank
05 - The Love Gang
06 - Inferno
07 - The Last Supper

lundi 13 décembre 2021

0958 - Tremolo


My Bloody Valentine sont les Joy Division de la fin des années 80 et du début des années 90 qui étaient eux-mêmes les Velvet Underground de la fin des années 70… à moins que les Velvet Undergound aient été les My Bloody Valentine de la fin des années 60 et du début des années 70 et que Joy Division aient été les My Bloody Valentine de la fin des année 80… ou alors que… bref, on ne s’en sortira pas ainsi… peu importe… tous les 10 ans, à la fin de chaque décennie émergeait un groupe différent, unique, appelé à devenir culte car à la fois totalement en prise avec son époque et intemporel, sublimant et dépassant et s’opposant à tout ce qu’une époque a pu faire de meilleur et de pire. My Bloody Valentine fut ce groupe dans les années 88-91 comme Joy Division joua ce rôle en 78-80 et le Velvet en 67-70… et ce, sans nommer les Stooges ou Television… chacun fera selon ses propres goûts.

My Bloody Valentine fut un groupe unique et l’est resté - un nouvel album est promis depuis quelques années… la patience est le fort des fans du groupe, MBV, successeur de Loveless a mis 22 ans à voir le jour - et le prouvais jusque dans ses singles et e.p., comme Tremolo - dont je ne saurais dire, justement s’il s’agit d’un single ou d’un e.p.. Quelle idée en effet de choisir To Here Knows When, morceau qui parvient, incroyable exploit, à paraître étrange sur Loveless, comme single ? Et quelle idée étrange d’avoir écarté de l’album les morceaux qui apparaissent ici en face B alors qu’ils possèdaient toutes les qualités nécessaires (l’étrangeté, l’énergie, la magie (noire)) à en enrichir la tracklist ? Et voilà que je me prends à rêver que Loveless, l’un des 20 ou 10 voire 5 disques que j’aime le plus au monde, eut pu être un double album…

Tremolo
My Bloody Valentine
Sire 1991 / ????

01 - To Here Knows When
02 - Swallow 
03 - Honey Power
04 - Moon Song

lundi 18 janvier 2021

0629 - Isn’t Anything


Je pensais avoir déjà écrit un billet sur So Much for the City. Je m’étais donc mis hier, avant de me rendre compte que je n’avais pas encore chroniqué l’album de The Thrills, à la recherche d’une chanson dont le titre contienne le mot snow... la base de données Discogs me fournit rapidement plusieurs réponses. Et je m’en voulus de ne pas avoir pensé de moi-même à Soft as Snow (but Warm Inside), formidable morceau d’ouverture du formidable album Isn’t Anything des formidables My Bloody Valentine - oui, ça fait beaucoup de formidables, ils sont tous mérités.

Isn’t Anything est le premier véritable album de My Bloody Valentine, qui n’avait jusqu’alors sorti que des e.p., des bons (Strawberry Wine et Ecstacy, réunis plus tard sous le titre Ecstacy and Wine - on en reparlera un jour) et des bien moins bons (This is Your Bloody Valentine). C’est un album qui serait un chef d’œuvre absolu s’il ne précédait pas de trois ans un album plus impressionnant encore...
Chef d’œuvre, disais-je. Isn’t Anything en est un. Le son de My Bloody Valentine (mur infranchissable de guitares, batterie très sèche, voix éthérées) n’est pas encore arrivé à son apogée mais l’art unique de la mélodie fragile, toujours sur le fil, que l’on retrouve sur Loveless, s’exprime déjà dans sa pleine maturité.
Soft as Snow (but Warm Inside), Feed me with your Kiss, (When You Wake) You’re Still in a Dream, pour ne citer que mes trois préférés, sont des morceaux aussi éloignés que possible de l’évidence pop et qui, pourtant, restent en tête après une seule écoute. C’est ce qu’on appelle de la magie. Ou du génie. Les termes sont de toute façon synonymes, non ?

Je m’en veux aussi d’ailleurs de n’avoir pas pensé à (When You Wake) You’re Still in a Dream lors de la publication d’Albert Merle - nouvelle que l’on retrouve sur le Recueil 2020 de MLM - en juillet ou août derniers, c’eut été une première (très) bonne occasion d’évoquer Isn’t Anything...

Isn’t Anything
My Bloody Valentine
Creation 1988 / 1996

01 - Soft as Snow (but Warm Inside)
02 - Lose my Breath
03 - Cupid Come
04 - (When you Wake) You’re Still in a Dream
05 - No More Sorry
06 - All I Need
07 - Feed me with your Kiss
08 - Sueisfine
09 - Several Girls Galore
10 - You Never Should
11 - Nothing Much to Lose 
12 - I Can See It (But I Can’t Feel It)

lundi 7 octobre 2024

1987 - Ecstacy and Wine


En 1989, Lazy Records publiait Ecstacy and Wine, compilation d’un e.p. (Strawberry Wine) et d’un mini-album (Ecstacy) datant de 1987 de My Bloody Valentine. J’en ai acheté une édition il y a une vingtaine d’années de ça, chez Gibert, je crois. C’est bien mieux que This is Your Bloody Valentine… mais n’arrive pas à la cheville de Isn’t Anything ou - évidemment - Loveless. Aujourd’hui ce n’est plus qu’une curiosité pour fan de shoegaze, de My Bloody Valentine ou pour ceux qui veulent absolument tout avoir… je fais partie des trois catégories. J’aimerais d’ailleurs beaucoup trouver les deux publications originales en vinyle… pas forcément pour les écouter en boucle.

Ecstacy and Wine
My Bloody Valentine
Lazy Records 1989

01 - Strawberry Wine
02 - Never Say Goodbye
03 - Can I Touch You
04 - She Loves You No Less
05 - The Things I Miss
06 - I Don’t Need You
07 - (You’re) Safe in Your Sleep (for this Girl)
08 - Clair
09 - You’ve Got Nothing
10 - (Please) Lose Yourself in Me

samedi 30 mars 2024

1796 - Spooky


Le disque que je n’attendais pas. 

SMS lundi matin. Chronopost m’informe de la livraison le lendemain de mon colis FNAC.com. Mon colis FNAC.com ? Je n’ai rien commandé, moi… Je cherche, je cherche, je réfléchis. Ce ne peut être qu’une erreur, j’oublie le message. Mardi, dans la boîte aux lettres, un colis FNAC. Même avec la boîte en carton dans les mains, je ne comprends pas. Quelqu’un m’aurait fait un cadeau ? Une surprise ? Qui ? À l’intérieur, la récente réédition de Spooky, premier album de Lush. Commandée quelques jours auparavant sur Rakuten et que je n’attendais pas avant dix jours. Rien ne permettait de savoir que le vendeur était un partenaire de la FNAC.

Lush, j’en avais vaguement entendu parler dans des articles sur le shoegaze. J’avais noté le nom sur une liste que j’ai perdue depuis. Et oubliée. C’est un article en fin de semaine dernière sur le NME.com (il me semble - même si je ne le retrouve pas) qui m’a remis en tête le nom du groupe. Aussitôt, j’ai commandé Spooky. J’ai des dizaines (centaines ?) de disques sur mes wantlists / wishlists / comment on appelle ça en français ? et je finis toujours par y acheter les derniers ajouts. Je ne sais pourquoi soudainement, il m’a semblé pressé d’acquérir cet album que je n’avais jamais écouté et dont je n’attendais rien.

Le disque n’est sorti de son emballage que mercredi matin. J’étais prêt à hausser les épaules devant un sous-Slowdive. C’est avec ce type d’a priori que l’on est le plus à même d’être surpris. Et je le fus. Ce n’était pas du sous-Slowdive. C’était du sous-My Bloody Valentine… ce qui est loin d’être péjoratif. C’est un My Bloody Valentine sans l’ambition expérimentale extrême d’un Kevin Shields. C’est un My Bloody Valentine accessible. Mêmes rythmiques, mêmes structures de chansons, mêmes harmonies vocales féminines que sur Loveless mais avec un son moins dense, un son plus pop. Et c’est formidable.

Spooky
Lush
4AD 2023

01 - Stray
02 - Nothing Natural
03 - Tiny Smiles
04 - Covert
05 - Ocean
06 - For Love
07 - Superblast !
08 - Untogether
09 - Fantasy
10 - Take
11 - Laura
12 - Monochrome

mercredi 16 octobre 2019

0169 - EP's 1988-1991


Si je ne me trompe pas - les lecteurs attentifs me corrigeront si j'ai déjà énoncé la présente affirmation à propos d'un autre disque - cette compilation des Ep's 1988-1991 de My Bloody Valentine est le premier disque que j'achète à cause de ce blog. C'est en effet en écrivant l'article sur Loveless et en effectuant une (mini) recherche à propos de cet album que je me suis rappelé l'existence de cette compilation sortie il y a (déjà) 7 ans.
Je l'avais vue, cette compilation, dans les rayons de Gibert au moment de sa sortie mais je ne l'avais pas achetée, me disant que je préférerais trouver lesdits extended play d'origine, en CD ou en vinyle (d'ailleurs, je possède et possédais déjà les e.p. Glider et Tremolo qui correspondent respectivement aux quatre dernières plages du CD1 et aux quatre premières du CD2). En reconsidérant la chose, sept ans plus tard, en écrivant mon billet sur Loveless, je me suis dit que l'un n'empêchait pas l'autre, que je pouvais acheter la compilation et continuer d'attendre de trouver les autres e.p. Surtout, en consultant l'article Wikipédia, je me suis rendu compte que les trois derniers titres étaient inédits et qu'il ne fallait donc pas espérer les trouver ailleurs... Je suis un complétiste (néologisme de mon cru, que j'ai déjà utilisé sur ce blog) : il me faut tout...

Et justement cette compilation est faite pour les complétistes. Il faut déjà avoir bien digérer Isn't Anything et Loveless pour s'y attaquer. On y découvre, au fur et à mesure, la construction du son et du style My Bloody Valentine avec ses réussites, ses impasses, ses excès, ses retours en arrière, ses bonds en avant. Passionnant mais peut-être un peu rebutant pour qui n'est pas préparé...

EP's 1998-1991
My Bloody Valentine
Sony Music 2012

CD1
01 - You Made Me Realise
02 - Slow
03 - Thorn
04 - Cigarette in your Bed
05 - Drive it all Over Me
06 - Feed Me with Your Kiss
07 - I Believe
08 - Emptiness Inside
09 - I Need no Trust
10 - Soon
11 - Glider
12 - Don't Ask Why
13 - Off your Face

CD2
01 - To Here Knows When
02 - Swallow
03 - Honey Power
04 - Moon Song
05 - Instrumental n°2
06 - Instrumental n°1
07 - Glider (full length version)
08 - Sugar
09 - Angel
10 - Good For You
11 - How do you do It

mardi 15 août 2023

1568 - Isn’t Anything


Un billet rapide - il est déjà plus de 23 heures - pour rappeler à tous ceux qui l’auraient oublié que My Bloody Valentine, à la toute fin des années 80, tout début des années 90 fut le meilleur groupe du monde - peut-être l’est-il toujours… et que leurs deux albums majeurs, Isn’t Anything (ici dans une réédition vinyle de 2003 achetée, si je me le rappelle bien, au Virgin Megastore des Champs aux alentours de 2010 - je possédais déjà un exemplaire CD depuis longtemps) et Loveless gardent intactes leur force et leur inventivité 30-35 ans après leur publication.

Isn’t Anything
My Bloody Valentine 
Plain Recordings 2003

A1 - Soft as Snow (but Warm Inside)
A2 - Lose my Breath
A3 - Cupid Come
A4 - (When You Wake) You’re Still in a Dream
A5 - No More Sorry
A6 -  All I Need
B1 - Feed me with your Kiss
B2 - Sueisfine
B3 - Several Girls Galore
B4 - You Never Should
B5 - Nothing Much to Lose
B6 - I Can See It (but I Can’t Feel It)

vendredi 7 octobre 2022

1256 - m b v


Il y a quelques jours. Peut-être deux ou trois semaines maintenant. J’ai passé m b v, dernier album en date de My Bloody Valentine dans la voiture. Sur le chemin du boulot. Ou le chemin du retour. Peut-être sur l’aller et le retour.
Ce ne fut pas une bonne expérience. Même chose avec Godspeed le lendemain ou surlendemain ou la veille ou l’avant-veille. Même problème. Ce sont des disques qui s’écoutent fort. À fort volume. Très fort. Et ce sont des disques habillés de nombreux sons qui, dans une voiture, peuvent sembler parasite. Voire inquiétants. Annonciateurs de panne. Bref, rien pour rassurer le conducteur peu à l’aise que j’étais en septembre.
Je suis plus confiant désormais. Je pourrais réessayer m b v en voiture. Mais non, je préfère me préserver pour l’expérience domestique du vinyle plutôt que celle des morceaux encodés.

m b v
My Bloody Valentine
MBV Records 2013

01 - She Found Now
02 - Only Tomorrow 
03 - Who Sees You
04 - Is This and Yes
05 - If I Am
06 - New You
07 - In Another Way
08 - Nothing Is
09 - Wonder 2

vendredi 12 mai 2023

1473 - Glider


Parce qu’il est important de temps en temps de rappeler que My Bloody Valentine fut immense et l’est probablement toujours - j’espère une nouvelle sortie d’album d’ici 3 à 7 ans… - et que Loveless est le Velvet Underground & Nico ou le Closer des années 90.
J’ai acheté Glider (une réédition américaine du disque sortie en 90) à la même époque, au même endroit (Gibert, St Michel) - je ne suis pas totalement certain que ce ne soit pas le même jour - que Tremolo, autre single / e.p. contenant des extraits du chef d’œuvre du groupe. Soon concluait magistralement Loveless. Glider est un instrumental tordu, strident et hypnotique, génial, agaçant - de très très nombreux adjectifs peuvent être accolés au morceau. Don’t Ask Why semble à mi-chemin entre une démo acoustique et un morceau fini prêt à hanter les admirateurs d’Isn’t Anything dont je suis. Off Your Face, porté par la voix de Belinda Butcher, tentera une dernière fois - avec succès, évidemment - de nous faire oublier que la couverture est laide. True perfection has to be imperfect comme disait l’autre.

Glider
My Bloody Valentine
Sire ????

01 - Soon
02 - Glider
03 - Don’t Ask Why
04 - Off Your Face

lundi 23 septembre 2019

0146 - Loveless


Si je disais que Loveless de My Bloody Valentine est le meilleur album rock de tous les temps (qualificatif que j'ai déjà attribué, de mémoire, à Marquee Moon, Forever Changes et Fun House et que j'attribuerai sûrement à d'autres albums plus tard - j'aurais d'ailleurs pu déjà inclure The Velvet Undergound and Nico et Ladies and Gentlemen we are Floating in Space dans la catégorie), ce serait une pure provocation et, très probablement, une absurdité... et j'ai envie d'être absurde !

Loveless est le meilleur album rock de tous les temps car près de trente ans après sa sortie, il donne toujours l'impression d'être en avance sur son temps. Le traitement des guitares, en un mur cotonneux, des voix, comme émergeant d'un brouillard, de la batterie, extrêmement sèche, semble aussi neuf qu'à la première écoute et restera un exemple inaccessible pour des générations encore.
Loveless est le meilleur album rock de tous les temps car les chansons qu'il contient ne sacrifient jamais les mélodies - très inventives - aux effets sonores.
Loveless est le meilleur album rock de tous les temps car il est inclassable et constitue un sous-genre presque à lui seul. Le shoegaze serait très réducteur. Le rock bruitiste encore plus. Quant à moi, j'en ai entendu parler la première fois à travers les fascicules de la FNAC que j'ai déjà évoqué, à la catégorie psychédélisme ?!

Loveless est le meilleur album rock de tous les temps parce que pas assez de monde encore ne l'a écouté et qu'il faut bien trouver un argument pour qu'il prenne enfin l'ampleur qu'il mérite : celui de meilleur album rock de tous les temps (argument vertueusement circulaire).
Loveless est le meilleur album rock de tous les temps parce que c'est moi l'auteur de ce blog et que j'écris ce que je veux...

Loveless
My Bloody Valentine
Creation 1991 / 1996

01 - Only Shallow
02 - Loomer
03 - Touched
04 - To Here Knows When
05 - When You Sleep
06 - I Only Said
07 - Come in Alone
08 - Sometimes
09 - Blown a Wish
10 - What You Want
11- Soon

vendredi 18 mars 2022

1053 - Loveless


C’est la Saint Patrick aujourd’hui - enfin, hier, au moment où vous lirez (lisez ?) ceci - saint patron de l’Irlande. On va fêter ceci ce soir à la Guinness et aux chips vinaigrées. Et pour la musique, on ne mettra ni U2 ni les Cranberries parce que je n’en ai absolument pas envie. On ne mettra pas My Bloody Valentine non plus… car Loveless, pas plus que Isn’t Anything, ce n’est pas, absolument pas, de la musique de pub. Ce n’est pas un fond sonore sur lequel poser sa pinte pour qu’elle ne laisse pas de trace sur la table basse qui de toute façon est sale…

Non Loveless, c’est, je l’ai déjà dit, le meilleur disque de tous les temps… peut être n’est-ce pas le meilleur disque de tous les temps tout le temps… mais c’est le meilleur disque de tous les temps le temps de son écoute.
Car quand Loveless fait souffrir les enceintes (l’album ne veut ne peut ne doit qu’être passé à plein volume), plus rien ne compte que le mur de guitares, les voix éthérées et la batterie de Colm Ó Cíosóig - j’avais très envie d’écrire son nom, si joliment diacritiqué. Rien ne compte que ces 2 filles et ces 2 mecs aux allures étranges qui jouent un vacarme mélodieux sans bouger un sourcil ni un orteil. Un concentré de génie qui ne s’exprime qu’une fois tous les X années (la prochaine production du groupe est annoncée pour l’année prochaine depuis des siècles… après que le dernier album, MBV ait été publié avec 1à ans de retard).

Non, ce soir, on écoutera peut-être le barde ménestrel Van Morrison… ou on regardera un film… dommage, on n’a pas le DVD de Le Vent se Lève (celui de Ken Loach, pas l’animé nippon).

Tout ceci ne me dit pas si mon vinyle de Loveless que je crois me rappeler avoir acheté dans la boutique Oxfam de York dans laquelle j’ai bossé un mois en août 2005, est un exemplaire officiel ou une copie pirate… les indices trouvés sur Discogs ne me permettent pas de conclure…

Loveless
My Bloody Valentine
Creation 1991

A1 - Only Shallow
A2 - Loomer
A3 - Touched
A4 - To Here Knows When
A5 - When You Sleep
A6 - I Only Said
B1 - Come in Alone
B2 - Sometimes
B3 - Blown a Wish
B4 - What you Want
B5 - Soon

dimanche 28 juin 2020

0425 - The Very Best Of


J’ai reçu il y a quelques jours 1, 2, 3, 4 le premier album des Jeevas. De qui ? Les Jeevas... l’autre groupe de Crispian Mills. De qui ? Bon, en fait, vous suivez rien... vous lisez mais vous oubliez aussitôt... vous retenez rien...

Excusez-moi, je deviens agressif, c’est pas de votre faute... c’est cette histoire de corbeau, ça m’énerve... bref, on reprend...

Les Jeevas, donc, l’autre groupe au sein duquel a sévi Crispian Mills, chanteur, guitariste et compositeur principal (avec Alonza Bevan) de Kula Shaker, était un groupe plus direct, moins porté sur la spiritualité et la musique orientale que Kula Shaker, un trio rock’n’roll, presque garage.
Un groupe qui n’hésitait pas à mettre sur leurs albums des reprises de titres rock bien connus - ils ont même sorti une reprise de Creedence Clearwater Revival en single pour promouvoir leur second album Cowboys and Indians...
Pourtant, en regardant la tracklist de 1, 2, 3, 4, je n’avais pas tiqué, pas fait le rapprochement entre le titre affiché et une chanson que je connais pourtant très bien. Ce n’est qu’en écoutant l’album que je me suis rendu compte que la troisième plage était une reprise des Undertones : You’ve Got My Number, morceau qui ouvre le Very Best Of que je possède du groupe nord-irlandais.

J’ai acheté ce Very Best Of il y a un an ou un an et demi - je crois qu’il était soldé chez Gibert mais je me trompe peut-être - tout en n’ayant entendu qu’un ou deux morceaux, et encore, à la va-vite. Pourquoi l’acheter alors ? Pour deux raisons. La première est que cette compilation contient un remix d’une chanson (Get Over You en l’occurrence) par Kevin Shields, guitariste, compositeur, tête pensante, leader, dictateur (du monde libre - comprenne l’allusion qui pourra) de My Bloody Valentine (entre autres). Un groupe que Kevin Shields aime ne peut pas être fondamentalement mauvais. La seconde et principale raison est que les Undertones était un des groupes favoris de John Peel, DJ rock référence de la radio britonne, célèbre pour ces Peel Sessions qui ont donné lieu à de nombreuses publications en disque (exemple). John Peel considérait ni plus ni moins que Teenage Kicks était le meilleur single rock de tous les temps... on a connu pire compliment. Comment ne pas alors au moins jeter une oreille ?
Je ne serai pas aussi dithyrambique que feu John Peel... les Undertones, je ne les écouterais pas en boucle. Il faut cependant reconnaître qu’ils alignent tout au long de ces deux CD une sacrée série de morceaux ultra-efficaces (on évitera simplement de parler des tentations slow douteuses comme Bittersweet - 42 titres c’est un peu beaucoup, il y a forcément des ratés) : You’ve Got my Number, Teenage Kicks, My Perfect Cousin, Get Over You, Jimmy Jimmy pour ne citer que mes préférés. Du punk-rock sans le décorum décadent du no-future sans l’idéal pseudo-anarchisant daté. Du rock direct, des riffs de guitare incisifs, une batterie qui ne se perd pas en fioritures, des textes qui évitent la politique et ne parlent que de l’essentiel, que de la grande question : comment parler aux filles ?

En parlant de filles, d’ailleurs... Natacha vous dira que You’ve Got my Number, c’est bien mieux chanté par Crispian Mills...

The Very Best Of
The Undertones
Union Square Music Limited 2016

CD1
01 - You’ve Got My Number (Why Don’t You Use It !)
02 - (She’s A) Runaround
03 - There Goes Norman
04 - Male Model
05 - Tearproof
06 - True Confessions
07 - Wednesday Week
08 - Let’s Talk About Girls
09 - Family Entertainment
10 - Crisis of Mine
11 - Wrong Way
12 - Teenage Kicks
13 - I Gotta Getta
14 - My Perfect Cousin
15 - Bittersweet (MSQ Demo 1982)
16 - Top Twenty
17 - Get Over You (Kevin Shields Remix 2016)
18 - Chain of Love
19 - Girls Don’t Like It
20 - It’s Going Happen
21 - Soul Seven

CD2
01 - Jimmy Jimmy
02 - Hypnotised
03 - Billy’s Third
04 - Girls That Don’t Talk
05 - The Love Parade (MSQ Demo 1982)
06 - Smarter than You
07 - When Saturday Comes
08 - Listening In
09 - Julie Ocean
10 - The Way Girls Talk
11 - Get Over You (First Derry Demos 1978)
12 - You’re Welcome
13 - I Know a Girl
14 - Beautiful Friend
15 - My Perfect Cousin (WBMS Demo August 1979)
16 - Here Comes the Summer
17 - Turning Blue (Derry Demos 1982)
18 - Kiss in the Dark
19 - Mars Bars
20 - Emergency Cases
21 - Life is Just a Cher O’Bowlies (Derry Demo 1983)

dimanche 11 août 2019

0103 - Garbage


Reçu le même jour qu'Alone with Everybody. On en conclura à raison que c'était un autre cadeau d'anniversaire. Il s'agit de l'édition japonaise du premier album de Garbage, intitulé (pourquoi faire compliqué ?) Garbage.

Au risque de passer pour le gros misogyne que je suis (ou pas), ce disque a été le premier album rock en ma possession où c'est une femme (Shirley Manson) qui chante (anecdote fausse mais je préfère passer sous silence l'album de Texas que j'ai revendu il y a près de 20 ans désormais).  Être dans un groupe de rock me semblait un privilège naturellement masculin. On trouve peu de femmes dans le rock anglais que j'écoutais alors quasi-exclusivement, ou alors cantonnées aux claviers ou à la basse... C'est à la suite d'une discussion avec un copain sur les chanteuses rock justement que je m'étais penché sur Garbage.

L'album propose un rock ultra-moderne (pour l'époque) composé par des requins de studio qui a un peu vieilli (c'est un des problèmes de la modernité, ça vieillit) et qui ressemble aujourd'hui davantage à une excellente compilation qu'à un véritable album. En écrivant ceci, je me trouve moi-même très sévère. Supervixen (que je trouve influencé par My Bloody Valentine mais je me trompe surement), Vow, Stupid Girl (et son sample de Train in Vain du Clash) et surtout Only Happy when it Rains sont d'excellentes chansons à peine altérées par le temps tandis qu'aucun morceau de l'album n'est véritablement à la traîne (même les deux faces b, Subhuman et #1 Crush en bonus de cette édition japonaise ne sont pas insauvables).
Le seul reproche que je peux faire à cet album est de sonner très... 1998.

Garbage
Garbage
BMG 1998

01 - Supervixen
02 - Queer
03 - Only Happy when it Rains
04 -As Heaven is Wide
05 - Not my Idea
06 - A Stroke of Luck
07 - Vow
08 - Stupid Girl
09 - Dog New Tricks
10 - My Lover's Box
11 - Fix me Now
12 - Milk
13 - Subhuman
14 - #1 Crush

samedi 4 mai 2019

0004 - Ladies and gentlemen we are floating in space



En 1999-2000, la FNAC, en collaboration avec Rock & Folk, distribua dans ses magasins des petits fascicules (gratuits) intitulés TRIBU[TE] censés regrouper les "informations nécessaires à la constitution d'une discothèque idéale pop-rock" (rien que ça). Chaque brochure présentait un artiste "majeur" et représentatif d'un style, évoquait ses influences et ses héritiers, le tout à travers une trentaine de disques chroniqués. Dix numéros - d'intérêts inégaux - virent le jour.

J'évoque ces brochures pour deux raisons.
Le numéro 7 de TRIBU[TE] était consacré à Pink Floyd et au psychédélisme. J'ai, au fil du temps, acheté presque tous les disques proposés dans la sélection. J'y ai surtout entendu parler pour la première de Spiritualized (dont il est question ici) et de My Bloody Valentine, deux de mes groupes favoris.
D'autre part, dans le numéro 5, consacré à David Bowie, une phrase de Jérôme Soligny  (qui d'autre pour écrire ceci à propos d'un album de Bowie ?) à propos de Hunky Dory m'a beaucoup marqué : "Ce disque est tellement beau que le posséder sans jamais l'écouter peut suffire au bonheur". Cette phrase est-elle stupide (un simple effet de style) ou parfaitement vraie ou les deux à la fois - j'hésite encore.


L'édition limitée de Ladies and gentlemen we are floating in space en photo en tête de billet imite un emballage de médicament. Le disque, sa décoration blanche fendue d'une barre grisée, représente un comprimé. Le livret serait la notice d'utilisation qui vous indique quand ("Play once, twice daily or as recommended by your doctor or pharmacist"), comment et pour combattre quels maux utiliser Spiritualized ("Spiritualized is used to treat the heart and soul") ainsi que les effets secondaires éventuels, les substances actives (les chansons et les musiciens) et les remèdes alternatifs (les autres albums du groupe - au nombre de deux à l'époque).

Je n'ai jamais ouvert mon édition limitée de Ladies and gentlemen we are floating in space, je n'ai jamais percé la feuille d'aluminium pour sortir le disque de sa tablette.
Posséder ce disque sans jamais l'avoir ouvert, savoir qu'il est là, dans ma collection, suffit à mon bonheur. Si je devais emmener un seul disque sur une île déserte, ce serait cette édition limitée. Tant qu'à ne pas avoir de platine, autant prendre un disque non ouvert, que je ne peux écouter. Il n'est ici plus question de musique (je parlerai une autre fois de l'album) mais de manie, d'obsession - c'est aussi cela être collectionneur.

Il existe une autre édition, plus rare encore, présentant l'album sous forme de tablette contenant douze mini-CD (un par chanson). J'en recherche un exemplaire, ouvert ou non (mais en très bon état) à prix raisonnable.

Ladies and gentlemen we are floating in space
Spiritualized
Dedicated 1997

01 - Ladies and Gentlemen we are Floating in Space
02 - Come Together
03 - I Think I'm in Love
04 - All of my Thoughts 
05 - Stay with Me
06 - Electricity
07 - Home of the Brave
08 - The Individual
09 - Broken Heart
10 - No God Only religion
11 - Cool Waves
12 - Cop Shoot Cop

vendredi 2 avril 2021

0703 - Best New Bands Showcase 2006


Pour varier un peu, plutôt que le Monster CD numéro 19, j’ai hésité, il y a deux jours, à billeter (c’est toujours un barbarisme) en deux lignes et autant de phrases dédaigneuses la compilation du NME (New Musical Express, à l’époque plus gros tirage de la presse musicale britannique) Best New Bands Shwocase 2006.
J’avais acheté le magazine pour la compilation, qui contenait You Fucking Love It le premier morceau publié par les Dirty Pretty Things, le groupe post-Libertines de Carl Barât. La chanson est aussi merdique que son titre ne le laissait présager.

J’allais donc être lapidaire, dire que c’est une compilation sans intérêt, pas écoutée depuis que je l’ai achetée avec le magazine, quand je suis tombé sur un nom, sur la dernière plage... Kevin Shields... Kevin Shields ! le leader / génie / fou maniaque de My Bloody Valentine... qui vient d’annoncer de nouveau la sortie imminente de deux albums - on va encore attendre une petite dizaine d’années... mais je digresse, digresse... gresse...
Forcément, je lis ces deux mots magiques, Kevin Shields, je ne peux qu’écouter la chanson... d’un groupe appelé The Go! Team... chanson malheureusement nulle, naze. Déçu, je me dis que je vais laisser une chance au reste de la compilation... je n’aurais pas dû : je n’ai même pas réussi à être attentif jusqu’au bout... il faudra tout de même que je jette de nouveau une oreille aux Brakes - c’est l’autre groupe des frères White, d’Electric Soft Parade.

Best New Bands Showcase 2006
NME 2006

01 - You Fucking Love It (Dirty Pretty Things)
02 - Too Late (The Like)
03 - It Happened so Fast (The Cribs)
04 - Mountains (The Spinto Band)
05 - Binary Love (The Rakes)
06 - On Sussex Downs (Larrikin Love)
07 - Careful (Hot Chip)
08 - Twelve (¡Forward, Russia!)
09 - White Unicorn (Wolfmother)
10 - All You Deliver (Jose Gonzalez)
11 - Las Cruces Jail (Two Gallants)
12 - I Can’t Stand to Stand Beside You (Brakes)
13 - Go Away (Guillemots)
14 - Huddle Flash (Kevin Shields vs The Go! Team)

vendredi 12 février 2021

0654 - The Smashing Pumpkins 1991-1998


Quel intérêt d’acheter une autre compilation des Smashing Pumpkins, sans aucun inédit (le seul inédit annoncé sur le disque, Mayonaise (acoustic) a depuis été publié sur Still Becoming Apart) alors que j’en possède un Greatest Hits déjà particulièrement bien fourni, tous les albums (les vrais, pas ceux du groupe reformé sous le même nom) et (presque) tous les singles ?

Natacha répondrait aucun. Premièrement, parce qu’elle n’est pas très fan des Citrouilles Épatantes. Deuxièmement, parce qu’il n’y a plus de place à la maison pour ranger les disques, les quatre colonnes à CD achetées il y a plus de dix ans débordent de tous côtés - une bibliothèque est en train de changer de fonction - alors à quoi bon acheter des disques sans utilité ?

Ma réponse est toute autre, on s’en doute puisque je n’ai pas résisté en tombant sur l’annonce du CD The Smashing Pumpkins 1991-1998 d’occasion à 4,50 euros sur Rakuten. Ce qui m’a décidé avant tout, ce sont les illustrations inédites de Vasily Kafanov. La pochette de ce disque promotionnel est, si je ne me trompe pas, le premier fruit de la collaboration entre l’artiste d’origine russe et le groupe, quelques mois avant la sortie de Machina / The Machines of God et des singles qui en seront extraits.
Et l’envie de réécouter ces chansons qui ont bercé mes 17-21 ans (époque où je me passais les albums des Pumpkins en boucle, en alternance avec ceux de Radiohead, de My Bloody Valentine, d’Oasis et de Spiritualized) dans un nouvel ordre, inattendu - il est d’ailleurs étonnant qu’un simple disque promotionnel ait fait l’objet de tant d’attention de la part de la maison de disques, explore si bien toutes les facettes du groupe et propose un ordre si bien pensé pour les chansons - c’est toujours bon la redécouverte.

The Smashing Pumpkins 1991-1998
The Smashing Pumpkins 
Virgin 1999

01 - Disarm
02 - Bullet with Butterfly Wings
03 - Ava Adore
04 - 1979
05 - Landslide
06 - Cherub Rock
07 - I am One
08 - Perfect
09 - Today
10 - Tonight, Tonight
11 - Mayonaise (acoustic)
12 - Siva
13 - Eye
14 - Zero 
15 - Pug
16 - Drown
17 - Thirty-Three
18 - Rhinoceros 

dimanche 23 mai 2021

0754 - Seasons of Your Day


Hope Sandoval pourrait chanter l’annuaire téléphonique - est-ce que ça existe encore, les annuaires ? - que ce serait un ravissement. Non pas que Hope Sandoval soit une grande chanteuse, peut-être même pas une bonne chanteuse, sa technique semble rudimentaire, peu impressionnante, Hope Sandoval ne se permet ni vocalises ni pirouettes, son phrasé est assez plat, presque monotone, mais Hope Sandoval a une voix extraordinaire. Chaude, douce, réconfortante. Et, pour le grand bonheur de tous et le mien en particulier, elle a trouvé mieux à chanter que l’annuaire.
Elle a chanté avec la même réussite pour tous ceux qui cherchaient une voix pour leurs morceaux, Chemical Brothers, Death in Vegas entre autres. mais c’est au sein de Mazzy Star, le duo (formé à l’aube des années 90 avec David Roback) qui l’a révélée, que la beauté unique de sa voix s’exprime le mieux.
J’ai reçu il y a quelques jours le dernier album du groupe, Season of your Day. Aucune surprise à attendre, les quatre albums de Mazzy Star sont très semblables, creusent le même sillon. La guitare de David Roback est reconnaissable entre tous, le tempo cotonneux ne s’emballe jamais, les compositions semblent familières dès la première écoute (je n’ai pas encore réussi à mettre un titre sur la chanson que me rappelle In the Kingdom) mais Mazzy Star, curieusement, ne donne jamais l’impression de se répéter. L’émotion ressentie à la première écoute de Fade Into You (comme beaucoup, c’est à travers leur (demi-)-tube que j’ai entendu parler du groupe) est intacte.

Le décès de David Roback nous prive de l’attente d’un cinquième album... je vais désormais me pencher sur les Warm Inventions, l’autre groupe de Hope Sandoval, formé avec Colm O’Coisoig, batteur de My Bloody Valentine.

Season of Your Day
Mazzy Star
Rhymes of an Hour Records 2013

01 - In the Kingdom
02 - California
03 - I’ve Gotta Stop
04 - Does Someone Have your Baby Now ?
05 - Common Burn
06 - Seasons of Your Day
07 - Lay Myself Down
08 - Sparrow
09 - Spoon
10 - Lying Down

dimanche 30 juin 2019

0061 - Slowdive


On ne tombe pas tous les jours amoureux... et c'est bien dommage, c'est un sentiment incroyable qu'un amour naissant...

Slowdive est (était) un groupe de shoegaze du début des années 90, signé sur le label Creation (Oasis, Jesus and Mary Chain, My Bloody Valentine...). Deux bonnes raisons pour que j'en sois fan depuis longtemps... Et pourtant, je suis totalement passé à côté... jamais entendu parler ou alors complètement oublié...

Slowdive s'est reformé il y a deux ou trois ans après une pause de douze ou quinze ans. Leur nom (et leur reformation) était évoqué (je ne crois pas que les termes étaient particulièrement élogieux) dans une chronique par Nicolas Ungemuth (chargé de la rubrique Rééditions dans Rock & Folk - je lis le magazine à la bibliothèque) d'un autre groupe shoegaze dont l'unique album venait d'être réédité (je ne me rappelle plus le nom de ce second groupe, leur album ne m'a pas emballé plus que ça...). Bref, j'ai noté le nom, Slowdive, dans un de mes carnets...
J'ai fini par trouver un album à la médiathèque, il y a cinq semaines. Pas de bol, c'était l'album de la reformation, sobrement intitulé Slowdive, pas un des années 90. Je l'ai tout de même pris bien -j'aurais préféré un album premier cru...

Guitares en couches cotonneuses, voix éthérées, masculines et féminines, se répondant, down-tempi,  batterie qui claque sans marteler, musique planante, vaguement eighties, claviers pour assurer que le tout décolle et plane sans embûches...
Il ne se passe pas un jour depuis cinq semaines sans que je l'écoute. Je l'ai commandé (et reçu) sur Priceminister avant même de rendre l'exemplaire de la médiathèque, pour être sûr de ne pas souffrir d'interruption... Je suis tombé amoureux...

Slowdive
Slowdive
Dead Oceans 2017

01 - Slomo
02 - Star Roving
03 - Don't Know Why
04 - Sugar for the Pill
05 - Everyone Knows
06 - No Longer Making Time
07 - Go Get It
08 - Falling Ashes

samedi 21 novembre 2020

0571 - Lost in Translation


Ce n’est une secret pour personne, mon boulot me pèse. Vraiment. Je (sur)vis avec, grâce à, l’idée de m’arrêter en juin. En me disant qu’en septembre, je ne serai plus prof. Ou alors dans un tout autre environnement. Pas au collège et dans un endroit le plus possible éloigné de Versailles. Il me sera très difficile de repartir pour une autre année scolaire si je dois m’y résoudre en septembre prochain - oui, j’anticipe probablement un peu trop.
J’ai besoin de changer d’environnement professionnel. J’en suis à ma cinquième année à Rameau. Je n’avais jusqu’alors jamais passé autant de temps au même endroit. Et prof n’a jamais été un métier que j’ai rêvé d’exercer. Loin de là. En même temps, y a-t-il un métier que j’ai rêvé d’exercer ? Oui, écrivain. Est-ce un métier ?

Ce n’est pas parce que j’en ai assez qu’il faudrait en conclure Rameau n’est pas un bon endroit. Bien au contraire, je suis même persuadé qu’il existe peu d’établissements en France où il est plus agréable d’être prof qu’à Rameau. J’y ai passé d’excellents moments. Et j’y passe encore de bons moments même si j’y passe le moins de temps possible, même si je m’éclipse dès que possible.
Mon moment préféré cette année est le vendredi de onze heures quinze à midi dix. Non pas que ce soit l’heure où débute mon week-end, il ne commence que deux heures plus tard. Non, à 11h15, je dispose d’une heure de pause, de « repos » avant d’attaquer la pire séance de toute la semaine, l’heure d’AP des 4°5. C’est aussi l’heure à laquelle Cécile termine sa semaine de cours.
Je ne parle pas de Cécile, ma belle-sœur. Ni de Cécile ma fille - je n’ai pas de disque de Nougaro : il va falloir que je remédie à ce manque. Non, Cécile est une collègue prof de maths. Elle fut ma tutrice quand je débutais en tant que prof, il y a quatre ans. Elle est aujourd’hui une amie et une sorte de grande sœur au collège - du moins, je la considère comme telle.
Cécile, donc, termine sa semaine quand il ne me reste qu’une heure à assurer, après une heure de pause. Et Cécile souvent reste à « traîner » pendant cette heure et nous pouvons discuter de tout et de rien, débarrassés des conversations obligatoires à propos des cours que nous donnons et des élèves que nous subissons. On parle cuisine, musique, cinéma. Chats, aussi. Cette après-midi, par exemple, elle m’a longuement parlé de son amour pour Woodkid, un musicien qui donne dans une sorte de show électro total et que je ne connaissais quasiment que de nom.

La semaine précédente, il y a 8 jours, on avait parlé cinéma. Je lui disais (entre autres) qu’il y avait des acteurs et des réalisateurs que je ne pouvais plus supporter et que, rétrospectivement, je n’arrivais même plus à regarder leurs plus anciens films qui pourtant, à l’époque, m’avaient plu. Le nom de Scarlett Johansson, entre autres, est sorti.
J’ai adoré Lost in Translation, il y a 15 ou 17 ans quand je l’ai vu pour la les premières fois. Presqu’autant que j’avais aimé Virgin Suicides... non, il ne faut pas exagérer. Mon aversion plus récente pour Sofia Coppola (c’était vraiment très très chiant Les Proies, non ? et les dix premières minutes de Somewhere ne m’ont pas du tout donné envie d’aller voir plus loin...) et plus encore pour la Scarlett m’empêche de  revoir le film. Malgré l’excellentissime Bill Murray.

En musique aussi, un ou deux mauvais albums de la part d’un groupe peuvent me dégoûter de toute leur discographie, même des albums que j’ai adorés à une époque. En revanche, il faudra un peu plus que deux trois mauvais films pour que j’arrête d’écouter Kevin Shields (leader de My Bloody Valentine) ou les Jesus & Mary Chain, réunis sur ce 45 tours (acheté, si je me souviens bien au (feu) Virgin Megastore des Champs-Élysées) comportant deux morceaux issus de la bande originale de Lost in Translation.

Lost in Translation
2007

A - City Girl (Kevin Shields)
B - Just Like Honey (The Jesus & Mary Chain)

vendredi 28 février 2025

2131 - She’s a Superstar


La photo de couverture du best-of de The Verve reprend celle du single She’s a Superstar. Sous un autre angle, avec un éclairage et une luminosité différents, détails photographiques. Un choix de pochette n’étant jamais anodin, celui-ci mérite réflexion.

Simon Jones a répété en interview qu’à l’origine, The Verve était un groupe de jams. Dans le même registre, ou presque, Richard Ashcroft a insisté, lors du lancement de sa carrière solo, que la plupart des chansons (les singles ainsi que Space and Time, Weeping Willow, One Day…) de Urban Hymns constituait la base d’un projet solo que The Verve avait interprété quand le groupe s’était réuni à la suite d’une première séparation après la publication de A Northern Soul.
La photo choisie pour le best-of pourrait être interprétée comme une célébration des débuts du groupe, de son identité première, de l’époque à laquelle il était un vrai groupe, comme un regret que le succès soit venu avec des chansons plus classiques, à la structure plus rigide et aux arrangements de cordes trop calculés : les tensions entre Nick McCabe, guitariste très électrique du groupe et Richard Ashcroft, chanteur à la voix qu’il serait dommage de ne pas mettre en avant ont été la cause de la fin de The Verve.
Il faudrait donc chercher les vrais (The) Verve dans She’s a Superstar. Le single ne comprend que deux morceaux. Pour une vingtaine de minutes (au total, pas chacun… c’est déjà beaucoup). Beaucoup de guitares. Beaucoup d’effets. Une voix noyée dans le mix. Oui, Verve était un groupe shoegaze.

Malheureusement, c’est un peu le hic, Verve n’était pas le meilleur groupe shoegaze. Loin de là. Sans même avoir besoin de convoquer la comparaison avec My Bloody Valentine, qui parvenait à concilier déluge d’effets en tous genres et compositions passionnantes, Verve est sur She’s a Superstar (et sur Feel, sa face B), un groupe qui s’écoute jouer. Qui joue pour lui. C’était probablement excitant, probablement trippant de se retrouver au centre de ce magma (quoiqu’un peu tiède) sonore, d’en faire partie, c’était probablement également super cool dans le public, en concert… mais sur disque, il n’en ressort pas grand chose… oserais-je dire qu’on s’ennuie un tantinet ?

She’s a Superstar
(The) Verve
Hut 1992 / ????

01 - She’s a Superstar
02 - Feel